‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 74 sur 184 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

cette inclination s’acquiert en considérant

: souvent combien les vertus plaisent à : Dieu, combien elles sont utiles et nécessaires à l’homme, et que c'est par elles que toute la perfection chrétienne commence ;

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et finit. Il importe extrêmement de prendre tous les matins une ferme résolution de

les pratiquer, selon qu’on en trouvera |

l'occasion durant le jour, et l'on s’exami-

: nera souvent pour voir si l’on a exécuté

ces bonnes résolutions, et pour en former de nouvelles plus efficaces et ;.lus constantes que les premieres.

Ce que je dis doit s’observer particuliérement à l'égard de la vertu qu'on tâche alors d'obtenir, et dont on croit avoir le

: plus besoin. C’est à cette même vertu qu'il

faut rapporter toutes les réflexions qu’on fait sur les exemples des saints. toutes les méditations sur la vieet sur la Passion de Notre Seigneur qui sont d’une extrême utilité en toutes sortes d'exercices spirituels. Accoutumons-nous tellement à faire des actes de vertu, soit intérieurs, soit extérieurs, que nous y trouvions autant

. de facilité et de plaisir que nous en avions | auparavant à suivre notre penchant natu-

re]; et souvenons-nous de ce quia eté dit ailleurs, que les actes les plus contraires aux inclinations de la nature sont les

| plus propres à introduire dans notre âme |! l'habitude de la vertu.

Quelques sentences tirées des saintes

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Ecritures et prononcées ou de bouche ou de cœur, servent encore merveilleusement à cet exercice. Ainsi nous devons toujours en avoir plusieurs qui aient rapport à la vertu que nous désirons acquerir,et en user à propos durant la journée, surtout lorsque la passion qui nous domine vient à s'échauffer, Ceux donc qui travaillent à devenir doux et patients peuvent se servir des :voles suivantes, Ju d’autres sembiab'>s Jupportez patiemment la colere d'un Dieu qui vient pour punir vos Crtmes. La patience des pauvres ne sera pas privee pour jamais du bien qu'elle espère (1). Un homme patient vaut mieux qu'un homme vaillant, et celui qui peut se dompter lui-même est préférable à celui qui emporte les villes d'assaut (2) Vous posséderez vos âmes par la patience (3). Courons si bien, que par la patience nous gagnions le prix que Dieu nous propose (#).

On peut encore ajouter ces aspirations, ou d’autres semblables : O mon Dieu.

nandserai-je armé de la patience, comme

‘un bouclier à l'épreuve des traits de mon ennemi! Quand vous aimerai-je jusqu'à recevoir avec joie toutes les afflictions qu'il vous plaira de m'envoyer! O vie de

(1) Ps. IX, 19. — (2) Prov., 1X, 22. — (3) S. Luc, II, 9. — (4) Epitre aux Hébreux,

” De. ——— continent EE € "à" CHAPITRE XXXVI 139

mon âme, ne vivrai-je jamais pour votre gloire, pleinement content au milieu des souffrances ? Oh! à je serais heureux si, dans les flammes des tribulations, je brûlais d'envie de me consumer pour votre service!

Nous nous servirons à toute heure de ces sortes d’oraisons, suivant les progrès que nous aurons faits dans les vertus, et selon que la dévotion nous inspirera. On les nomme jaculatoires, parce que ce sont comme des traits enflainmés que nous lanj çons vers le ciel, qui ont la vertu d’y élever | notre cœur, et qui percent celui de Dieu quand ils sont accompagnés de deux cho- É ses qui leur servent d'ailes : la connais- 2 sa ‘ertaine du plaisir que Dieu prend : à n.. voir dans l'exercice des vertus, et É. un désir ardent de faire des progrès dans

le bien par le seul motif de plaire à la | Majesté divine. | E- noms |

CHAPIFRE XXXY\VI

L'exercice de la vertu demande une application continuelle

i Wnrre les choses quiservent à acquérir | * les vertus chrétiennes (ce qui est le | À 4 but que nous ri diaemast ici), une desplus nécessairesestd’essayerd’'avancer toujours dans la voie de la perfection, parce qu’on recule pour peu qu'on s'arrête.

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Dès que nous cessons de faire des actes de vertu. l'inelination naturelle qui nous porte

| à rechercher le plaisir et les objets exte- | rieurs qui flattent les sens, ne manque pas

d'exciter en nous des mouvements deregles, et ces mouvements détruisent ou du

| moins affaiblissent les habitudes des ver- | tus. D'ailleurs cette négligence nous prive | de beaucoup de grâces que nous pour- | rions mériter par un plus grand soin de | notre avancement spirituel.

C’est la difference qu'il y a entre voya- Y

| ger sur la terre et marcher dans :a voie du

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ciel; car ceux qui voyagent sur la terre peuvent s'arrêter sans retourner sur leurs

as, et, de plus, en marchant toujours. ja assitude les met hors d'état d’ailer plus avant; mais dans le chemin de la perfection, plus on avance, plus on sent augmenter ses forces. La raison de ceci est que la partie inférieure, qui par sa résistance empêche autant qu'elle peut le progrès spirituel, vient s’affaiblir par 1 exercice des vertus: et qu'au contraire la partie supérieure, qui est le siège de la vertu, s’aftermitetsefortifie davantage. Ainsi. à mesure qu'on profite dans la spiritualité, toute la peine qu’on y voyait diminue beaucoup, et une certaine douceur, par laquelle Dieu téempère les amertumes de cette vie, S'augmente à proportion, de sorte qu'allant toujours avec joie de vertu en vertu, on arrive au sommet de la montagne, au comble de

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