CHAPITRE XLIII
| au lieu d’en blesser nos frères, nous les | emploierons à guérir nos plaies.
| Si la faute que nous condamnons est | réelle et manifeste, excusons par charité celui qui l’a commise; croyons qu'il a des | vertus cachées qu'il n'aurait pu conserver ! si Dieu n’eût permis cette chute, croyons qu'un léger défaut que Dieu lui laisse pour quelque temps diminuera beaucoup la | bonne opinion qu’ila de lui-même: qu’étant | méprisé des autres, il deviendra plus humble, et par conséquent que son gain sera | plus grand que sa perte. Si le péché est non seulement public, mais énorme; si le pé- | cheur est endurci et impénitent, élevons | notre esprit au ciel; entrons dans les se- | crets jugements de Dieu; considérons que | beaucoup ue gens, après avoir vécu long- | temps dans le crime,sont devenusde grands | saints, et que d’autres, au contraire, qui | Semblaient être arrivés au comble de la | perfection, sont tombés malheureusement | dans un abîme d’iniquités.
Par ces considérations, chacun compren- , dra qu’il n’y a pas moins à craindre pour | lui que pour tout autre, et que s’il se sent | quelque inclinaison à juger favorablement les autres, c'est le Saint-Esprit qui la lui | donne ; au lieu que ses jugements téméraires. ses aversions et son mépris pour le , Prochain n’ont point d’autres causes que , Sa propre malignité et la suggestion du
démon. Si donc nous nous sommes arrêtés mener (e) %
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à considérer trop curieusement les défauts d'autrui, abstenons-nous de juger, et n’ayons point de repos que tout ne soit effacé de notre mémoire. :