LES GIBOULÉES
velée, — pour ses chapeaux, bien entendu ; — patatra ! vous êtes criblé de grêlons dans lesquels on pourrait tailler des bouchons de carafe, — el pas le moindre parapluie pour échapper à celte mitraille.
Vous prenez votre course la plus échevele'e, et vous vous élancez sur le marchepied du premier omnibus qui vient à passer, mais l’homme aux six sous vous repousse du bras et de la jambe, en criant : — Complet.
Vous allez naturellement trébucher au beau milieu du ruisseau où vient vous relancer un cabriolet dont la roue vous tigre des pieds à la tête; en outre, le cocher, dans sa tendre sollicitude pour voire personne, vous crie: — Prenez donc garde, animal.
Pour en finir avec vos infortunes vous prenez le parti de courir après un fiacre vide qui se promène tranquillement au petit pas des chevaux, et le cocher vous demande tranquillement six francs pour une course.
Vous refusez avec toute l’indignation d’un homme mouillé et vexé; — puis, pour trouver enfin un abri sans dépenser six francs, vous entrez chez madame Gibus, où vous achetez un chapeau de trente francs.
Giboulées, voilà de vos coups !