LES BANQUETS UNIVERSITAIRES
— Novembre et les Messageries Laffitte et Gaillard nous ramènent annuellement à Paris tous les hommes de loi et tous les gens de justice qui jadis, pour célébrer leur rentrée, assistaient en grande pompe à la messe du Saint-Esprit, et qui aujourd’hui se contentent d’entendre débiter, par un substitut du procureur-général, un discours plus ou moins ampoulé, et auquel le Saint-Esprit n’a pris qu’uue fort médiocre part. — Après ces préliminaires on s’occupe des pauvres diables qu’on a laissés en prison, et on découvre avec surprise que pour essayer de tuer le temps ils ont jugé à propos de se pendre !
Quelques j >urs après que les magistrats et les avocats sont revenus à Paris, les futurs magistrats et les apprentis avocats accourent du fond de la Normandie pour regrimper de plus belle la montagne Saint-Jacques. — Dés le lendemain de leur arrivée ils reprennent le tours de leurs études interrompues par les vacances, et se remettent avec un zèle prodigieux au courant de tous les progrès du.... cancan et autres danses nationales.
— Les soirées sont devenues d’une longueur prodigieuse, aussi les raouts chez les portières sonL-ils en pleine vigueur; de huit heures du soir à minuit on boit du cidre pour faire passer les marrons , et on mange des marrons pour avoir un prétexte de reboire du cidre. — Quant aux portières qui n’aiment pas la société, elles lisent la Mère Michel, nouveau journal créé à leur intention, et dont le besoin se faisait généralement sentir.