‹ Le comité de bienfaisanceChapitre 25 sur 65 · ORDONNANCE · texte numérisé non relu

ORDONNANCE

Qui autorise l’ étal)lisse7nent d’un Cimetière particulier loour les Juifs Portugais à Paris

Du 7 mars 1780.

Extrait des registres du Greffe de la Chambre de police

du Châtelet de Paris.

Sur ce qui nous a été représenté par le Procureur du Roi, que depuis un temps considérable tous les Juifs qui décèdent à Paris ont été enterrés à la Villetle, dans le jardin de l’auberge dite de l’Étoile, tenue par le nommé Matai, en exécution de nos Ordonnances et de celles de nos Prédécesseurs, conformément à l’article 13 de la Déclaration de Sa Majesté du 9 avril 1736; que le sieur Péreire, Agent des Juifs Portugais, a, par acte du 3 mars 1780, acquis des sieurs Bonnet frères, moyennant la somme de trois mille livres, un petit jardin clos de murs, situé au même lieu de la Villette, qu’il destine à 1 inhumation desdits qui dorénavant décéderont ^ à Paris ; que ledit emplacement, qui ne servira plus à d autre usage, remplira beaucoup mieux les vues de décence et de respect que les loix civiles veulent, en tous poys, être portées aux cendres des défunts ;

A CES Causes requéroit ledit Procureur du Roi être accordé au sieur Péreire la permission qu’il demande pour être, les Juifs Portugais qui décéderont dans la

* Ces Juifs sont naturalisés en France depuis looO, par des lettres patentes renouvelées à chaque règne ; mais leurs principaux établissements ont toujours été dans la Guienne.

APPENDICE

Ville et Fauxbourgs de Paris, inhumés dans ledit Cimetière, en exécution de nos ordonnances, en la manière accoutumée ; être enjoi-nt au Commissaire qui sera nommé par nous d’y veiller, et aux Officiers de Police d’y prêter main-forte s’ils en sont requis.

NOUS, faisant droit sur le Réquisitoire du Procureur du Roi, ordonnons qu’à la diligence du sieur Péreire, les Juifs Portugais qui décéderont dorénavant en la Ville et Fauxbourgs de Paris seront inhumés au lieu de la Villette, dans l’emplacement par lui acquis des sieurs Bonnet frères, en exécution de nos Ordonnances, en la manière accoutumée. Enjoignons au Commissaire Du- CÔESNE, ou tout autre qu’il nous plaira nommer, d’y veiller, et aux Officiers de Police d’y prêter main-forte s’ils en étaient requis.

Ce fut fait et donné par Messire JEAN-CHARLES PIERRE-LE NOIR, Chevalier, Conseiller d’Etat, Lieule- Général de Police de la Ville, Prévôté et Vicomté de Paris, le sept mars mil sept cent quatre-vingt.

« Délivré pour copie conforme à la minute de- » meurée en la possession de nous, Greffier de la » Chambre de Police dudit Châtelet, le seize desdits )) mois et an.

Signé : COLLIN.

Collationné par nous, Écuyer, Conseiller- Secrétaire du Roi, Maison, Couronne de France et de ses finances.

Signé : LE BÈGUE.

De l’Imprimerie de Stoupe, rue de la Harpe. 1780.

APPENDICE

Pièce n® 5.

Tombes subsistant au cimetière de la Villette.

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