‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 79 sur 196 · BASILIQUES · texte numérisé non relu

BASILIQUES

Fonts baptismaux.

Les premiers chrétiens orientaux avaient, comme les latins, des baptistères isolés, dans lesquels était placée la cuve baptismale, ordinairement construite en pierre ou en marbre; elle fut portée ensuite dans l'église. Quelques écrivains des premiers siècles, des mosaïques et des peintures grecques anciennes indiquent des cuves baptismales. On en fabriquait aussi en métal; l'argent et le bronze étaient employés à cet usage. On connaît de petits vases portatifs qui servaient à administrer le baptême.

Phiale, bénitier.

La fontaine d'ablutions , dont l'usage remonte à la primitive Lglise , fut établie d'abord au centre de la cour sacrée; elle passa ensuite dans le porche, puis à l'intérieur ^e la basilique sous forme de bénitier. Ces meubles de la première période de l'art chrétien sont fort rares. Les mosaïques grecques de l'église de Saint-Vital de Ravenne en font voir un exemple.

L'un des meubles de la nef des basiliques étail destiné à la lecture des livres sacrés et au chant religieux; construit en mari)re, il était surmonté

Ledorinm de la basilique Sainl-LBurent-hon-lpa-Mun.

d'un pupitre. L'Orient a pu, comme l'Italie, conserver quelques-uns de ces meubles.

Atfbon.

L'ambon ou chaire des prédications, construit en marbre, comme le lectorium, était placé en face de lui, dans la nef; deux escaliers conduisaient il la partie supérieure, qui était disposée à peu près comme le sont nos chaires modernes.

Rome possède plusieurs ambons anciens "'; des peintures grecques démontrent que celles de l'Oriept étaient anal<^es.

La nef principale des basiliques était séparée des colUt^aux par des clâtures ou cbancels qui , pendant les cérémonies, servaient à maintenir une certaine classification entre les fidèles.

On a trouvé des restes de ces clôtures à la basilique de Triéste, A

'" [Voir [dni liant, p. êo.]

celle de Tébessa, en Afrique. Cette particularité doit fixer rallention des TO^fageurs.

Chœur. — Chuicek. — Trabe*.

Le chœur, établi aux dépens de la nef principale, en était séparé par des cbanceU, clôtures en marbre ou en pierre soutenues par de minces pilastres.

Pienc da ToKanelU.

Au-dessus s'élevait quelquefois fa trabes, formée de quelques colonnes portant une architrave ou un entablement complet, qui traversait toute la nef; la basilique de Torcello, dans les lagunes de Venise, en présente un bel exemple (voir fïg. de la page 3oà). Des bancs étaient disposés auprès des chancels du chceur.

Vue int^enre i!e la basilique de Tortdlo.

Sanctuaire.

Le sanctuaire était séparé du chœur par une clôture dans laquelle s'ou-

Trait la porte sainte. Au delà s'élevait l'autel, ordinairement de forme quadraogulaire, et qudqaefoîs cylindrique, comme en possèdent les basiliques d'Athènes; l'autel était accompagné d'un ciboriam, édicule composé de quatre

colonnes portant des architraves ou des arcs surmontés d'un toit à double pente et décoré de frontons.

Presbytère. Derrière l'autel, dans l'abside de la basilique, s'établissait le presbytère, lieu contenant des bancs en exèdre pour placer le clei^é et un siège principal, ou cathedra, destiné à recevoir l'évêque.

Les peintures grecques du manuscrit de Jacobas monaem, conservé à la

Bibliothèque nationale, contiennent plusieurs représentations du sanctuaire

primitif en Orient : on y voit la porte sainte, l'autel et te ciborium, et plus loin la cathedra du presbytère. Les mosaïques de Ravenne, exécutées pro-

Presbytcre Je 'fofci

bablement par des Grecs, représentent des aulels surmontés du ciborium. On voit aussi dans cette ville une cathedra en ivoire dans le style des premiers siècles chrétiens; un monogramme indique son origine orientale. Le baptistère de Venise contient un meuble en marbre, de même provenance, et qui doit dater du même âge.

Meubles secondaires.

Le mobilier des basiliques primitives se complétait par des objets secondaires en métal; une grille en bronze se volt .M'église de la Nativité de Bethléem; saint Arculfe a tracé sur son plan de l'église de l'Ascension, constniite par sainte Hélène à Jérusalem, de nombreuses lampes suspendues

derant le tegimen ea métal qui recouvrait le lieu foulé par les pieds du Qirist; les Bambeaux de l'autel, le candélabre placé au milieu du chœur, étaient en bronse ou en fer. EnGn ies vases sacrés dont, suivant les récits d'Aoastase le Bibliothécaire, Constantin et ses successeurs étaient si prodigues envers les églises, ont pu laisser quelques souvenirs; les Bénédictins et Dagincourt en font connaître'" de cette époque.

ÉGLISES BnAHTlHBS.

Meubles principaux.

Les églises byzantines , datant d'une époque moins ancienne que les basiliques primitives, et ayant été longtemps reproduites, seront plus ricbes en détails relatifs an mobilier.

PhUle, bénitier.

La ville de Salonique présente plusieurs phiales byiantines, composées de

PhUIes du Zogr*!^ et d'IvirOD.

cuves ornées de sculptures et couvertes par des dômes que portent des colonnes. Justinien établit le Lavacrum de l'église de Sainte-Sophie de Gonstantinople dans le nartbex ; quelques bénitiers grecs , qui nous sont connus, indiquent que plus tard ne meuble, réduit et placé dans la nef, remplaça la phiale.

(" Ytjnyt lia., t.1, p. iSg.

Les nefs des églises néo-grecques paraissent avoir été meublées d'un grand nombre de stalles disposées pour les Sdëles assistant aux cérémonies; d'an-

SUlles ï r^ÎM Saiat-Dëmélriiu, ï Smjrne.

ciens récils de voyageurs et les ^lises modernes le confirment. Trône.

TWm i Té^ùe Saint-Démélriai, à Smynu.

Au milieu des stalles les plus voisines du sanctuaire , les églises grecques présentaient un trône destine k l'érêque ou au chef du clergé local; tous les temples modernes de quelque importance contiennent ce meuble ,

hL"i^

IWiKt gnet, k Klhhna.

décoré ordinairement de sculptures, et quelquefois de tableaux et d'ornements dorés; en général, ce trône est surmonté d'un ou de plusieurs dômes.

Un meuble particulier aux églises de l'Orient est placé dans la nef. auprès du sanctuaire : il ae compose d'un pupitre soutenu, soit isolément par de riches supports, soit encore sous un petit dôme; on y place des tableaux mobiles dont les compositions retracent les diverses fêtes religieuses de l'année.

Ambon.

Rien n'indique le maintien du îectoriam dans les églises byzantines; ma» l'ambon, ou cbaire de prédication, y prit plus de développement que dans la période précédente.

Les descriptions que les auteurs nous ont laissées de l'église de Sainte- Sophie, la chaire grecque transportée è Venise dans l'église de Saint-Marc,

Quùre byuntine k l'ëglûe SuntUarc, à Vaniu.

et quelques peintures démontrent que l'ambon des Byuntins fut surmonté d'un dôme porté par des colonnes.

Iconottaie.

Les cbancels et la traies des basiliques primitives sont remplacés, dans les églises byzantines, par l'iconostase , clôture sacrée qui sépare la nef principale du sanctuaire; c'est un souvenir de celle que Salomon établit à pareille place dans le temple de Jérusalem. L'iconostase est une cloison généralement en bois; dans les églises anciennes, des colonnes en marbre lui servaient de support; quelques localités en montrent qui sont établies en maçonnerie. Selon l'importance de l'édifice, une ou plusieurs portes sont pratiquées dans ficonoslase ; elles donnent entrée dans te sanctuaire. Ces portes saintes sont closes, soit dans toute leur hauteur par des vantaux en menuiserie, soit par des demi-portes, le reste étant fermé par un voile qui s'ouvre à certains moments de la cérémonie. L'iconostase est ordinairement décorée dans

son ensemble avec tout le luxe de la peinture, de l'orf^rrerie, de la dorure, et de nombreuses lampes suspendues devant les tableaux religieux, de hauts candélabres placés sur les inarches qui le précèdent, en complètent l'effet.

Clôture aacrée à la Panagia ^icodimo, k Atbene*.

CI6tiir« fermée p»r nn limple voile. Clôture Mcrëe i Pntm.

Daos quelqaes églises peu importantes, l'iconostase est remplacée par nu grand voile suspendu à la voûte ou à une tringle qui traverse l'édifice; il rappelle le voile des basiliques prioutives.

Sanctuaire, autel.

L'autel byzantin était ordinairement cubique; de riches étoffes, des or-

Grand autel à l'église Saint- Dém^triai , h Smyrne.

nements sculptés, incrustés ou formés de mosaïques, en décoraient les faces principales. Les anciennes descriptions de l'église de Sainte-Sophie de Constantinople disent quel luxe extraordinaire Justinien apporta dans l'exécution de l'autel , et la pah d'oro conservée à Venise est un devant d'autel byzantin.

Ciborium '''.

De nombreuses peintures représentent des ciboria orientaux : ils se composaient, comme ceux de l'Occident, de qaatre colonnes placées auprès de l'autel; des arcs et des coupoles disposées de diverses manières en surmontaient les chapiteaux. Il est peu probable que quelqu'un d'eux ait survécu ; mais des ciboria d'églises modernes de l'Orient rappellent ceux de l'art byzantin.

' [Voir pitu haut. p. 88 et Soj ]

Presbytère, Bjjfjuia.

Le presbytère des églises byzantines offrait la plus grande analogie avec celui des basiliques primitives; des bancs en exèdre placés dans labside, un trône au milieu pour Tévêque, en formaient f ameublement. On voit encore, auprès de quelques presbytères, de petites absides; comme dans les basiliques, elles sont fermées par des voiles ou par des portes solides, et contiennent, fune les livres, lautre les vases sacrés. Saint Ârculfc mentionne dans son voyage une armoire de trésor qui se voyait au vni*" siècle à Gonstantinople, dans Téglise de la Vierge; elle contenait la vraie croix. Les portes des sacristies sont ordinairement ouvertes auprès du presbytère.

Cryptes.

Les cryptes sont fort rares en Orient. Eusèbe mentionne celle de la ba silique des Saints-Apôtres à Constantinople, dans laquelle lempereur avait fait préparer sa sépulture et celle de sa famille. On en voit sous les nefs de réglîse de Sainte-Théodosie, dans la même ville. M. Homraaire de Hell a publié celle qui est à Midiah. On doit à M. Dubois de Montperreux d'en avoir fait connaître quelques-unes qui se voient sur le Caucase.

Ces cryptes, ainsi que celles de nos contrées, devaient contenir des autels, des tombeaux de saints ou de grands personnages. Il serait désirable que des recherches particulières pussent nous apprendre quelles étaient les dispositions et Tameublement de ces caveaux.

Tables de proposition.

Les tables de proposition, placées chez les Orientaux deirière la clôture sacrée, oiTraient un grand luxe, dans Torigine de Fart byzantin ; les autours qui décrivent Téglise de Sainte-Sophie mentionnent celles que Justinien fit exécuter en or; depuis elles ont été réduites h des proportions et h des matières beaucoup plus simples; on en voit dans quelques sanctuaires qui montrent une fusion des arts grec et arabe.

É6LISB8 GOTHIQUES.

Lorsque les croisés portèrent dans le midi de fempire f architectiu'c de rOccident et y construisirent les nombreuses églises romanes ou gothiques dont les principales ont été précédemment indiquées, ils les meublèrent

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