DOCUMENTS MANUSCRITS
Les instructions de la section d*histoire font su£Bsamment connaître, sans qu'il soit besoin de les signaler de nouveau , les différentes sources où peuvent puiser les correspondants. Les archives des établissements religieux ,
^ [Ces inftnictioiis. rédigées par IL de la ViflegOle, accomptgoaieat la drcnliire da aSoctobre i853.]
les registres des fabriques d*ég^ses et des actes de Tétat civil antérieurs à 1789, les mémoriaux ou registres des assemblées de ville et autres analogues, devront surtout être l'objet d'investigations spéciales de leur part. Us y trouveront une foule de faits curieux, d'indications importantes, que la section se félicitera de pouvoir recueillir.
Les documents intéressants au point de vue de l'histoire des arts sont de genres très divei^, et il serait impossible de prétendre en donner une énumération complète : l'on ne peut donc, à cet égard, que jeter quelques jalons. En première ligne, doivent se placer les anciens inventaires des trésors d*ég]ise, où l'on trouve des descriptions, souvent fort détaillées, de reliquaires, de vases sacrés, d*ornements et vêtements sacerdotaux remontant à une époque reculée ; les inventaires de princes ou riches particuliers présentent le même intérêt. Le Comité des arts s'était toujours empressé de donner toute la publicité dont il pouvait disposer aux documents de cette nature et le Bulletin archiolôgùjae en renferme un certain nombre. Tout récemment, le nouveau Comité vient de témoigner, par une double résolution, qu'il attache une égale importance à ces catalogues d'armes, de vêtements, de meubles, de bijoux, etc. Il a décidé que les inventaires de Gharies V et de Charles VI seraient l'objet d'une publication particulière, confiée aux soins de M. le comte Léon de Laborde et destinée à faire partie de la Collection des documents inédits. Le Comité a, en outre, fait choix de plusieurs autres inventaires pour être publiés dans la partie du premier volume de la nouvelle partie des Mélanges réservée à la section d'archéologie.
Le dépouillement des registres des notaires doit également être recommandé aux correspondants. En effet, les renseignements que fournissent les inventaires se rencontrent aussi dans les contrats de mariage, les actes de donation, les testaments, etc. On trouvera pareillement quelquefois, dans des rapports d'experts, des descriptions d'objets mobiliers que leur exactitude rend précieuses. ^
Les comptes de dépenses, tels que ceux du château de Gaillon^^^ les marchés et devis qui nous initient au prix des matériaux et à celui de la main-d'œuvre aux diverses époques, doivent encore être l'objet de sérieuses recherches de la part des correspondants. Les rédacteurs de ces sortes de
(^) Comptes de dépenses de la constmetion du château de GaiUon. 1 vol. in-4* et atlas in-fol. pabliës par M. A; Deviiie, dans la Collection des documents in^its.
documents entraietit généralement dans de minutieux détails, propres à jeter du jour sur les' procédés usités autrefois dans l'art d'élever les édifices, et à faire connaître la signification d*une foule de termes techniques dont le véritable sens est resté douteux. On y trouvera, enfin, la révélation des noms des habiles ouvriers qui ont concouru à l'érection des monuments , depuis Tarchitecte qui en a conçu la pensée première, jusqu'au simple tailleur de pierres qui a dégrossi le bloc informe. Le Comité a adopté en principe la publication d*un volume in-^"* destiné à mettre en lumière les documents inédits sur les anciens artistes de la France, qui seront envoyés par les correspondants.
Il serait superflu de faire ressortir Texlrême intérêt qu oflriraîent des plans ou dessins de monuments remontant à l'époque où ceux-ci auraient été commencés. Les découvertes analogues déjà faites permettent d'espérer que l'exploration des collections manuscrites ne serait pas stérile à cet égard.
Musique. — Les manuscrits fournissent des documents d'un autre genre, que les correspondants sont invités à ne pas négliger : ce sont ceux qui peuvent donner des notions sur les connaissances musicales au moyen âge. Les uns renferment des traités plus ou moins complets, les autres des fragments de musique en anciennes notations. En ce qui concerne les premiers, ils devront être signalés et la description qui en sera donnée devra être accompagnée d'extraits qui permettent d'apprécier la valeur de ces traités; pour les seconds, il sera indispensable d'adresser des fac-similés , soit que la notation se montre sous la forme de neumes, comme cela a lieu du VIII* au XII* siècle, soit qu'elle présente des notes carrées ou en losanges placées sur des lignes de nombre variable. La plus rigoureuse exactitude est recommandée dans l'exécution de ces copies. Eji effet, Tabsence d'un point, la position mal observée de la queue d'une note suffisent pour rendre impossible la traduction de tout un morceau.
Ces échantillons d'anciennes notations ne se trouvent pas seulement dans le corps des manuscrits mêmes; souvent des fragments en ont été employés pour former les couvertures ou les gardes d'autres ouvrages.
Il faut aussi reproduire avec grand soin les lignes qui composent la portée, quels qu'en soient le nombre et les couleurs, et surtout ne pas négliger les lignes qui se trouvent souvent tracées è la pointe sèche dans l'épaisseur du vélin et du papier,