ÉPILOGUE
Au Tonkin, ses frères d'armes l'ont vengé.
Les villes et les citadelles ont sauté les unes après les autres.
Aussitôt que la mort de Henri Rivière fut connue en France, une expédition considérable s'imposait. Il était trop, tard pour que le ministère rappelât nos troupes mutilées, et les Chambres ne pouvaient plus, sans honte apparente, discuter encore les crédits qu'on leur demandait. Le sang des Français répandu là-bas criait vengeance; les têtes coupées, promenées au sommet des piques, de village en village, à travers l'Annam, voulaient que la barbarie des bourreaux ait un châtiment. Alors une armée de dix mille hommes entra en campagne.
Des bataillons choisis dans les régiments d'Afrique s'embarquèrent et firent route vers le cruel pays. Son-ïay, Bac-Ninh, Hong-Hoa devinrent nôtres, et le Tonkin vaincu sembla soumis. Les Pavillons-Noirs et autres Chinois alliés aux Annamites évacuèrent les territoires devant la marche des colonnes françaises. L'amiral Courbet, les généraux Millot, Brière de l'Isle et Négrier se tracèrent, chacun, une belle
li'i LE COMMANDANT RIVIÈKE.
page dans l'histoire, et nos valeureux soldats montrèrent au monde que les tourmentes politiques déchaînées sur la Patrie n'avaient point affaibli leur bravoure ni leur discipline.
Quant au pays conquis, l'avenir nous apprendra s'il vaut le sang précieux qu'il a fait couler.