‹ Le commerce au dix-neuvième siècle: état actuel de ses transactions dans lesChapitre 54 sur 66 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Tarifs défavorables.

L'extension et le perfectionnement dn système des "douanes permet de substituer ayantageusement de simples tarifs aux anciens traités de commerce entre les naitions maritimes ou limitrophes. En eifet » rien n'est plus sage et plus favorable que de modifier cbaque année , dans^ leurs parties défectueuses , les actes qui^tendent ou restreignent la concurrence étrangère, selon qu'elle est demandée par nos besoins ou repoussée par nott^ industrie , tandis que la prudence ne peut approuver des stipulations h perpétuité ou pour de longs espaces de temps , quand leur objet est essentiellement variable. C'est d'aSReurs se faire illusion sur la prévision dont on est capable , que d'imaginer qu'elle puisse devancer l'eipérience , et qu'il sort possible de comprendre et de fixer \ dans un traité , <Bes intérêts , fondés sur une effrayante multiplicité d'objets dont le développement échappe au calcul. Aussi, FEurope plus éclairée sur les nécessités du commerce , paralt-elle abandonner Tancienne manière de lés régler par des contrats réciproques , et se bornera dresser des tarifs oîi l'on remplace par des chitfres et des terines définis , les clauses vagues, obscures et souvent subrepticei

SUR L£ COMMERCE. 33i

des traités d*autrefois« Mais une politique adroite s'est emparée déjà de ce moyen pour s'en servir à son profit , et l'employer au détriment des autres. L'Angleterre est encore un modèle de ce genr^ de succès. Elle fait usage de toutes les ressources que lui donnent des liaisons d'amitié 9 le bon marché de ses produits ^ l'habitude de leur consommation» l'ascendant du /plus fort > les droits de la reconnaissance pour obtenir» dans tous les tarifs dea deux hémisphères » des stipulations favorables qui éloigisient la concurjience des autres nations commerçante^. C'est ainsi que les devançant toutes dans l'Amérique méridio* nale» elle s'est assurée» au Brésil » un avaniage de neuf pour cent sur les marchandises qu'elle importe jdans ceJI «mpire. On peut prévoir que les tarifs de GolomJbie et du Mexique ne seront pas moins conformes à ses intérêts » ej^ les agens consulaires qu'elle a envoyés dans toutes les anciennes provinces espagnoles du Nouveau-Monde» ont pour mission d'assurer à la Grande-Bretagne ^ sinon 1^ covmierce exclusif» du moins le commerce principal de Ces contrées , qui ne peut manquer de rester à cens ipie favorisent les tarifs des. douanes.

Autant il est avantageux pour un peuple manufacturier d^assurer de cette manière des débouchés aux objets de SOA industrie » autant le défaut de concurrence qui en rér suite » est défavorable au pays qui contracte de tek engagemens ,et qui abandonne ses marchés à la ^pohdérance des importations d'une seule puissance. La décadence du Portugal , depuis le tr^té de Méthuen » conclu avec TA^r gleterre » en 1 7o5 » doit être attribuée en grande partie i| Iq politique malhabile qui ^ Sût de celte contrée une co-*

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lonie anglaise soumise à un régime prohibitif de tous produits , autres que ceux de la Grande-Bretagne.

L'influence des tarifs peut , sans être aussi décisive , avoir des eflGets extrêmement nuisibles; elle peut éloigner les navires des ports , où il est d'un intérêt bien entendu de les attirer ; elle peut donner ou entretenir , dans les pays qui sont fournis de produits étrangers , agricoles et industriels , l'habitude de consommer de préférence ceux d'une nation rivale plutôt que ceux d'un Etat dont l'alliance est essentielle. Elle peut , qui pis est , introduire dans la consom* mation d'un pays , une telle aflluence de marchandises étrangères » qu'il en résulté la ruine d'une ou plusieurs branches d'industrie , incapables de soutenir la concurrence. Aussi » dans ces dernières années , a4-on fait une étude suivie et attentive du balancement des tarifs , selon les données nombreuses que fournissent » comme dès temnis obligés : l'approvisionnement des marchés , l'échange des productions indigènes » la continuation des anciennes liaisons commerciales » et la pï'otection de l'agriculture et des fabriques indigènes. Les Pays-Bas» les Etats Germaniques , la France et les Etats-Unis ont recherché , avec application , quelles combinaisons remplissent le mieux toutes les conditions du problème. Le Congrès américain attache une si grande importance' aux tarifs^, qu'il en a fait l'objet de ses délibérations pendant la plus grande partie de sa dernière session; et l'on reconnaît les effets heureux de cette persévérance dans une tâche diflicile et laborieuse , en calculant , avec surprise , les progrès des Etats-Unis , qu'excite , protège et soutieiil une législation coiitforme aux vrais iptérêts de leur oom-' merce«

DU COVUERG£. 5ZS '

Mais , jusipi'à présent , aucun, peuple n'avait usé des combinaisons des tarifs de douanes, avec une politique aussi étendue et aussi profonde que celle cachée pari' Angleterre dans la pratique de ce simple moyen d'administration. Pour rendre illusoires des concessions qui semblent accordées. par iés dispositions les plus 1ibérale$ , il suffit de leur opposer la puissjs^nce mystérieuse renfermée dans les chiffres de la cédule qui accompagne un bilL Ainsi 9 en 182 S » par une tolérance qui semblait mériter

la gratitude des Etats- Dnb » et exiger d'çui^.pn retour

d'autres stipulations favorables , il fut statué que les pro-. duits américains seraient adnûs dans les colonies anglaises. Mais le Congrès , sans tenir compte de la manifestation du principe , chercha » dans les nouveaux tarifs , comment il fallait apprécier la réalité de son application ; et blessé de la délusioa qu'il crut y trouver» il frappa d'un droit considérable l'entrée des bâtimens anglais dans tous les ports' de l'Union. Une repr^saille* qui assujettit les navires américains au piême drojt , à leur arrivée dans les colonies anglaisés , ne lui fit point abandonner son système hostile » et iï en résulta pour les Antilles an^lairsids une disette d'approvisionnemens qui a rendu liéCëSsktrèË les mesures récentes du ministère britannique , coûtëriué!^ dans le blU sur lé libre commercé dès çélottîës^ C'étté Ibf i qui fait profés cîalé entre la

remplacement du système dés restrictions commet*ciàIes ,' dont lé temps est passée , dit-on , et Ïgs chapes rompues^; ne tièhdt'a sans doute pas mietix ces magnifique^ proifié^ës que celle doniles Etats- Uni^ ont si rudement' i^epousséles plrëtétt^

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dus arantages. II est évident qu'elle a pour objet d'appeler les navires suédois et danois à Papprovisionnement des Antilles y c*est4i-dire , à créer une concurrence dont on espère que le dommage obligera le Congrès à retracter ses mesures. Quant à la révolution qu'elle doit faire dans lé régime colonial , dont autrefois la prohibition était la règle eJL l'importation étrangère l'exception^ tandis que maintenant Il en sera \ dit-on , précisément au contraire » ou conçoit que les tarifs des douanes peuvent rédîiire cette théorie à une illusion dolit les seuls effets seront de calmer 14 fermentation des habitans de la Jamaïque , et d^s montreur

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sous un jour brillant la politique libérale de l'Angleterre^

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