‹ Le commerce des grains dans la généralité d'Orléans: d'après la correspondance inédite de l'intendant CypierreChapitre 31 sur 74 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

Réponse de M. le Contrôleur Général, du 26 septembre il68 (1).

M. — Le renchérissement étonnant et impossible à prévoir qui se fait actuellement sentir sur les blés me porte à vous prier de donner de plus en plus toute votre attention à cette partie de l'administration dont vous êtes chargé. 11 s'est répandu dans le peuple, et même parmi les personnes plus éclairées, que différentes compagnies, dont quelques-unes même protégées par le gouvernement, avaient part à ce ren;hérisseraent extraordinaire par des achats considérables et indiscrètement faits. Ce fait, peu vraisemblable en lui-même, vu Le grand prix des denrées et le peu d'apparence qu'il y a qu'elles demeurent à un prix aussi disproportionné, est cependant devenu si général que j'ai cru devoir vous prier de faire vérifier si, en effet, ces achats indiscrets ont lieu dans votre générante, en vous assurant que le Roi n'a autorisé aucune compagnie à ce commerce mal conçu. S. M. vient même de terminer et de résoudre une Compagnie connue sous le nom de Mahsset, dont l'objet était de conserver et de renouveler dans les cas de besoin une quantité considérable de blés qu'elle avait destinés à approvisionner Paris dans les moments de cherté ou de disette.

Ainsi, si quelqu'un se disait autorisé de cette Compagnie, vous pouvez être sûr que c'est un prétexte pour faire son commerce plus facilement. A l'égard des faits concernant d'autres compagnies qui feraient des manœuvres condamnables sur les marchés, je vous prie de m'informer exactement de tous ceux qui pourraient venir à votre connaissance, afin que je puisse en rendre compte au Roi et mettre S. M. à portée d'y pourvoir. Je ne puis vous recommander trop de prudence et de discrétion dans les recherches que vous ferez sur cet objet ; vous savez qu'il est dételle nature que la moindre indiscrétion pourrait avoir des suites bien tristes et bien fâcheuses. Je suis assuré que plusieurs négociants ont fait dans les provinces éloignées et dans les pays étrangers des spéculations assez étendues pour suppléer aux accaparements parti-

(1) Le ton et les termes de cette lettre laissent à penser qu'elle a moins le caractère d'une lettre confidentielle à €ypierre que d'une circulaire adressée à tous les intendants. ■ : i;

culiers et aux réserves forcées des laboureurs ; mais ces manœuvres ont l'inconvénient d'alarmer les peuples et de retarder l'effet qu'on doit se promettre de ces spéculations et qui ne doit pas être éloigné. Je suis, etc,

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