‹ Le commerce et l'exploitation des bois du GabonChapitre 1 sur 56 · SOCIÉTÉ D'ÉDITIONS GÉOGRAPHIQUES, MARITIMES ET COLONIALES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ D'ÉDITIONS GÉOGRAPHIQUES, MARITIMES ET COLONIALES

AjfUlKNNI Maisou Challamel, fondée en 1839 17, RUE JACOB (vr)

J'ai la fierté d'appartenir à la vieille race Arverne, douée de la forte (/ualité, qu'on ne trouve malheureusement pas partout, en France, de s'expatrier avec une extrême facilité.

Etabli depuis 1911 comme courtier à Bordeaux, oà mon frère et sa nombreuse jamille (11 enfants) m'avaient précédé, je n'ai jamais cessé de jeter des regards d'envie sur nos grands paquebots qui s'en allaient au loin et revenaient chargés de produits étrangers ou coloniaux, ceux-ci hélas ! en moindre quantité.

Je me suis toujours demandé, pourquoi nous restons tributaires de l'étranger qui nous 'vend ses produits à un prix, dont chaque ménage en France sent la charge, alors que nous pourrions tirer ces mêmes produits de nos riches colonies et qu'on ne cesse de nous répéter que notre pays est la deuxième puissance coloniale du monde.

Un séjour d'un an 1/2 en Angleterre, un autre de même durée en Allemagne, pour compléter mon éducation commerciale, enfin un. contact de deux ans avec les Américains, dont j'eus l'honneur de commander les premiers volontaires, pendant la guerre, ont eu comme résultat de me rendre jaloux de la puissance commerckde anglaise, de la Jormidable organisation industrielle allemande et de l'audace instinctive de la jeune race américaine.

J'ai pu me rendre compte que les produits de nos colonies prenaient très souvent leclicinin de LicerpooL de Hambourg, de Brème, pour /tous revenir transj ormes et surtout majo

rés du travail incorporé par l'étranger, source de richesse pour lui.

L'avenir de nos enfants, surtout depuis la guerre, n'a cessé de préoccuper notre esprit. La nécessité de lutter contre la concurrence étrangère par une meilleure organisation économique s'imposait à notre famille, comme elle s'impose à toutes les autres familles françaises. C'est ainsi que mon frère et moi avons été amenés à considérer nos colonies comme susceptibles d'offrir à la jeunesse les moyens d'appliquer son énergie, son instruction et son courage.

Un voyage en Afrique me parut le meilleur moyen de préparer cet avenir. Comme centre d'études, je choisis le Gabon dont j'avais entendu vanter les richesses innombrables .

Je dois ici remercier mes Chefs de Maisons qui, une Jbis au courant de mon projet, me permirent de le réaliser en m' accordant le temps matériel nécessaire pour effectuer ce voyage. Leurs intérêts ont pu en souffrir, mais ils placèrent au-dessus de tout l'intérêt général. Afin de faciliter mes investigations, je pensais qu'une mission officielle accordée par le Ministère des Colonies me serait d'un grand poids.

Des personnalités influentes, parmi lesquelles je suis lieureux de citer : M. Gaston Jèze, Professeur de Finances à la Faculté de Droit de Paris ; M. Bonnet, Sous Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil ; M. Lémery, Sénateur de lu Marti nique, M. Candace, Député de la Guadeloupe, M. Anton etti, Gouverneur Général de l'A. E. F., facilitèrent mes démarches de leur haute protection et me firent le très grand honneur de in obtenir cette marque de confiance de la part de M. André Hesse, Ministre des Colonies.

J'envoie à tous l'hommage et l'expression la plus vive de toute ma reconnaissance.

Je n'aurai garde d'oublier ici de remercier mon personnel dont (expérience, le dévouement et la collaboration la plus étroite, m'ont permis de quitter mon bureau, sans craindre que fussent négligés les intérêts dont j'ai ta charge.

Je dois encore remplir un devoir de reconnaissance ris à ois de tous ceux qui, au Gabon, m'ont accueilli <irec une cordialité toute française. Il m'est agréable de citer parti culièrement : M Le Gouverneur Bernard, MM. tes Adminis-

trateurs en chef Glibet et G armer, M. V Administrateuradjoint Garmer-Laroche, M. Drumeaux, Chef de Subdivision, M. Béton, Président du Tribunal à Port-Gentil. M. Maulois, Greffier-Notaire, M. Percin, Directeur des Douanes.

Parmi les colons, je dois des remerciements tout particuliers à M. Isaac Jean Marie, exploitant Jorestier, qui fut à la fois pour moi un hôte, un ami et un collaborateur. Je ne dois pas oublier M. Leclercq, Agent Général des Chargeurs Réunis, M. Olivier, Directeur de la S. A. I. B. 0., Le Père Barreau, Supérieur de la Mission Catholique de Lambaréné.

A tous et à ceux quil sérail trop long de citer je renouvelle l'expression de ma gratitude.

Antonin FABRE.

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