‹ Le commerce et l'exploitation des bois du GabonChapitre 18 sur 56 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

INTRODUCTION

La consommation sans précédent, pendant la guerrer de toutes les essences de bois dont nous pouvions disposer, à laquelle est venue s'ajouter celle nécessitée par la reconstruction des pays dévastés, a amené une hausse formidable du prix des bois.

On a pu constater en outre dans tous les domaines de la consommation mondiale, un excès de raffinement. Architectes, ébénistes, sculpteurs, menuisiers, charpentiers ont associé leurs connaissances et leurs talents pour satisfaire leur clientèle. Le modeste mobilier de noyer, de chêne ciré, a été remplacé par celui d'acajou. Dans toutes les grandes villes de France, nous avons assisté à la transformation des grands magasins en palais luxueux, et dans nos campagnes, à une floraison de magasins à l'agencement moderne. Palaces, Hôtels, Théâtres, Bars, Restaurants ont rivalisé d'audace et de goût. Les Banques, les Sociétés à gros capitaux et les Industriels ont réorganisé leur travail dans des cadres somptueux.

C'est à nos colonies et particulièrement à la grande forêt équatoriale, que des gens énergiques sont allés demander la matière première nécessaire à la réalisation

de cet énorme travail et de toutes ces merveilles. Depuis la Côte d'Ivoire jusqu'au Kouilou, la forêt commence à livrer ses richesses. Des savants sont allés \ étudier la merveilleuse flore, des spécialistes en ont établi les caractéristiques, la technique de l'industrie moderne en a déterminé l'emploi. C'est pourquoi le nombre des exploitants forestiers augmente chaque année en A. E. F. et particulièrement au Gabon. Malgré cela, les offres ne peuvent encore satisfaire aux demandes.

Le Ministère des Colonies ne pouvait manquer de s'intéresser à une question aussi importante pour le développement économique de nos colonies et de la France.

C'est à M. le commandant Bertin, savant spécialiste, que fut confiée la délicate mission d'inventorier, de classer les richesses de la forêt, d'étudier les divers usages auxquels pourraient convenir les essences variées pour remplacer, le cas échéant, les bois d'Europe. Il s'acquitta de cette mission avec un zèle, un dévouement et une science qui devraient lui mériter la reconnaissance nationale. Les résultats de ses recherches furent consignés en un ouvrage important. Nous ne saurions trop recommander à ceux qu'intéresse la question des bois d'y puiser la documentation leur permettant de libérer notre industrie du lourd tribut qu'elle paie à l'étranger.

Aussi, le Ministère des Colonies, le tout premier, appréciant les services que ce distingué savant pouvait rendre à la France, a-t-il, à juste titre, créé à Paris un service central des bois coloniaux. 11 en a confié la direction au Commandant Bertin dont les bureaux se trouvent au ministère des Colonies, rue Oudinot.

Une annexe de travaux pratiques et d'expérimentation fut créée à l'Institut agronomique de !\ogent-sur-Marm\ Il serait à désirer que nos grands ports de Bordeaux, Marseille, Nantes, Le Havre, où se trouvent déjà des Instituts Coloniaux, fussent pourvus d'organisations semblables rattachées au service central.

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