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On vend encore chez les âttarin du sucre en pains (sokkoT qaleb), des bougies (chemâa), des pâtes (basta), soit : du vermicelle {fdao^œh ou rezza Iqadhi), des « graines de melon » (zeriâ Ibetikh) ; de la colle (leçaq) ; du sulfate de fer ou couperose (zaj).
Le henné et koheul se vendent plus spécialement chez certains âttarin. Le soufre se trouve dans un fondak qui appartient au Makhzen, appelé « Souk el rezal ». On le débite dans une petite boutique de ce fondak, au compte de TEtat marocain, qui en a le monopole (contrada). Il se fait, à Fez, une régulière consommation de tabac préparé, qui vient des fabriques établies dans la ville de Tanger. On y remarque beaucoup de contrefaçons de la maison Bastos, d'Oran. Le tabac à priser (chemma) est originaire de France. Ce sont également les âttarin qui vendent le tabac à fumer (doukhan) et les cigarettes (garou). Quant au tabac à priser, Topium (afioun) et le kif, c'est une Société qui en monopolise la vente, suivant un traité établi avec le Makhzen. En dehors de cette Société, ces articles sont écoulés en contrebande (contrabanda).
L*àttar vend encore les fanit, mot qui désigne les nombreuses sortes de bonbons originaires d'Allemagne.
Les âchchabin (herboristes) ont leurs boutiques de préférence dans les quartiers d'Ain el Khil et de Cherabliin ; on trouve chez eux des herbes très variées, apportées de la montagne par les berbères ; les plus demandées sont les suivantes :
Besbas (graines de fenouil) : remède ;
H^ehb rechat (graine de cressonnette) : remède contre les blesnres ;
H'olba (fenagrec} : tisane à boire le matin ; exporté ponr le bétail;
H'oiama (flenrs de lavande) : remède ;
Khekhach (pavot) : narcotique ;
Zerint el Kittan (graine de lin) : remède ;
Zâter (thym) : tisane à boire le matin ;
Seh'Ieb (salep) : remède;
Chih' (absinthe) : se met dans le thé ;
Ferioun (eupberbe) : poison;
Fijel (rue) : remède ;
Mrarat el h^ench (centaurée) : lisane ;
Nânâ (menthe poivrée) : épice.
Tous les jours, les œufs, les poules, les pigeons, le couscous, tout préparé, les pâtes de fabrication locale et la semoule, sont apportés par les gens de la campagne à Fez, et se répartissent dans différents quartiers ; cependant, ces denrées se concentrent de préférence dans le quartier de Sara, qui devient une sorte de « halle aux vivres » fonctionnant du matin au soir. Il en est de même du coin de quartier appelé Houtia, où se débitent les poissons frais et séchés, les mulets et les aloses péchés dans le Sebou, dans l'Oued Fas et dans Tlnnaouen.
Les beqqalin sont tous étrangers ; ils sont pour la plupart originaires du Sous. Ils font leurs achats à crédit aux fabricants et fournisseurs en gros ^ aussi doivent-ils avant de s'établir verser un cautionnement entre les mains du Mohtasib : c'est à peu près la seule entrave à la liberté du commerce musulman qui, avec quelques rares monopoles, subsiste à Fez. Ces « épiciers spéciaux » débitent de l'huile, du beurre, du savon mou (1) et du miel. Ils tiennent aussi de la graisse et de la viande séchée.
Le marché aux huiles en gros se trouve dans un fondak spécial : le Qâat ez zit. Le tenancier de ce marché (adjudicataire ou fermier), assisté de deux âdoul, perçoit un droit pour chaque bête de charge amenant de la montagne des outres d'huile. Le jaugeage se fait dans les qollat^ grandes jarres affectées à cet usage. Les âdoiil enregistrent *les transactions, et des portefaix (Kemmalin), origi-
(1) Le savon en pains d'origine européenne (de Marseille *ea général) se vend chez les àttarin.
naires du Touat, transportent Thuile au domicile des beqqalin acheteurs. Le Makhzen perçoit sur la vente un droit d'un dixième en nature, droit qui est rachetable en argent. L'huile du qâat ez zit provient uniquement des montagnes avoisinantes (Zerhoun, Sefrou, etc.). Quant aux olives cueillies dans les olivettes qui limitent les jardins et les remparts de Fez (olivettes qui appartiennent à des Fasi), elles sont pressées dans une quarantaine de pressoirs installés dans la ville même. L'huile de cette fabrication est également achetée par le beqqal. Avant de porter ses olives au pressoir, le propriétaire doit en demander l'autorisation au Makhzen (représenté par le Mohtasib) et lui faire évaluer les droits à acquitter.
Le beurre, le miel et le savon se vendent également en gros dans un marché spécial. Les beqqalin s'y approvisionnent ; les particuliers qui veulent acheter ces marchandises en demi-gros et à bon compte y viennent aussi. L'adjudicataire du meks, ou droit du marché, y perçoit pes. 40 par quintal vendu. Le savon qu'on y vend est employé pour les usages domestiques (lavages de faïences, de vaisselles, etc.). Il est de fabrication indigène, mou et brunâtre, à base de potasse. On en apporte sur le marché de grandes quantités, renfermées dans des cylindres en fer-blanc. Ce savon sort d'une quinzaine de fabriques qui fonctionnent à Fez.
Le beurre et le miel proviennent de la campagne. Il en est de même de la graisse (cheKem) et de la viande séchée (kheliâ), destinée aux classes pauvres. Cette kheliâ se compose de lanières de viande de bœuf séchées au soleil et cuites dans un mélange d'huile et de suif. Il s'en consomme beaucoup en hiver.
X..U Fondak el Fakher (fondak du charbon), on vend du charbon de bois fabriqué dans la montagne, et que les charbonniers berbères apportent tous les jours sur leurs ânes. Le Fondak el Fakher
est tenu par des Touati (gens du Touat), qui sont les adjudicataires du droit de marché (meks) et les portefaix des acheteurs.
Au Souk ech Chemain^oix on vend les fruits secs, tels que le raisin sec (zebib), les noix (gouz), les noisettes (bendeq), les dattes (temer), les olives conservées (zitoun) ; les légumes secs, tels que les pois chiches (Komçi), les lentilles (âdes), les haricots (loubia), le riz (rozz) ; et les cierges de cire (chemâ), il y a un adjudicataire du droit de marché qui possède un fondak, dont le rez-de-chaussée est occupé par des chemmatn, et le premier étage loué à des cordonniers.
Le goudron (getran) se vend chez les guetarnin, dans une rue qui fait suite, à l'ouest, au Souk el Attarin. Les guetarnin tiennent aussi des chaînes. Le goudron est apporté de la montagne par les Djebala. Il se débite dans de petits pots d'argile. Le sel se trouve chez les âttarin, mais on l'achète en gros et en demi-gros au Souk el Khemis, le marché aux bestiaux, qui a lieu le lundi et le jeudi.
Appendice.
Adresses commerciales. (Médina).
Principaux fabricants de savons :
Si Hammoa el Alaoui.
Si Mohammed boa Ayad.
El Hadj Madani Çouabni.
Exportateurs d'amandes, dattes, noix, figae^, et raisins secs :
El Haij Mohammed Ayoud.
Si Mohammed el Helou.
Si el Rabi el Alamin.
El Hadj KaddoDï Sarah'.
Principaux marchands de chandelles cierges de couleur, bougies, et cire vierge.
Sid Edris ben Si Mâmmer.
Sid Omar ben Hadout.
Si Mohammed ben Abd el H'afdah.
Si Mahammed Skali.
Si Mohammed ben Abd el Me'id Gaebbas.
Principaux importateurs d'épices, sucreries, quincail le rie, papier, chocolat, fils d'or, etc. , . [Attarin],
El HadJ Mohammed Mejbai*.
Sid Edris Lahraqi.
Si Abd el Kerim Kesbi.
Si Tayeb el Amrani.
Si Mohammed ben Omar el Alamin.
Si Mohammed ben el Bedani Berada.
Si Mohammed ben Abd el Zied ben Choacroan.
Si Mohammed el Qebbach.
El Hadj Abd el Djasir.
Si Hadj Sqali.
Si Mohammed ben Kasem el Helou.
El Hadj Mohammed el Haloui.
Si Kasem el Cohen.
Principaux importateurs de matières colorantes {Àttarinj,
Si Mohammed ben Edris Berada.
Si Mohammed ben Jelloul.
Si Mohammed ben el hadj Edris ben Nonna.
Si Fedhal Cohen.
Si Hatedh ben Mohammed ledsani.