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SAVONNAGE ET BLANCHIMENT

Toutes les plumes et surtout celles de basse-cour, avant d'être soumises au blanchiment ou à la teinture, doivent subir un savonnage et une série de rinçages ; on les passe ensuite au cylindre sécheur.

BLANCHIMENT A L'EAU OXYGÉNÉE DES CROSSES, AIGRETTES, HÉRONS & TOUTES PLUMES DE MÊME SORTE

Les procédés de savonnage et de blanchiment sont analogues à ceux employés pour la plume d'autruche; il y a lieu de tenir compte toutefois que certaines plumes de fantaisie possèdent un duvet beaucoup plus résistant aux agents chimiques que ne l'est celui de l'autruche ; il y a donc lieu de graduer les bains en conséquence et aussi de les prolonger plus ou moins suivant la sorte de plume mise en œuvre.

Le procédé ordinaire à l'eau oxygénée est généralement employé; cependant on additionne souvent celle-ci d'eau pure ou d'une petite quantité d'ammoniaque. Ce mode de blanchiment a toutefois l'inconvénient de rendre les barbes cassantes et de faire disparaître les barbules qui les garnissent, ce qui leur donne un aspect « fil ».

Il faut en effet prolonger l'action du bain pour faire disparaître la teinte brune plus ou moins accentuée qui salit toujours l'extrémité des brins

Pour éviter cet inconvénient, nous recommandons l'emploi du procédé suivant :

i° Savonnage à fond au savon de Marseille;

2° Rinçage à tiède ;

3° Bain d'eau oxygénée pour 5 onces, soit 150 grammes de plumes;

Eau distillée bouillante 1 litre

Eau oxygénée 12 volumes 3 litres

Alcool à 90° 1/4 litre

Ammoniaque 220 B 50 grammes

On entre la plume dans ce bain et on l'y laisse séjourner pendant une demi-heure environ ;

40 On sort et on rince bien à l'eau pure;

50 Savonnage à fond comme au début; la teinte brune de l'extrémité des brins disparaît presque entièrement dans ce bain et la plume prend alors une teinte jaunâtre à peu près régulière sur toute sa longueur;

6° Rinçage à fond à l'eau pure ;

70 On passe à nouveau dans le bain d'eau oxygénée pendant 40 à 45 minutes ;

8° Rinçage à l'eau ;

90 On passe ensuite dans un bain de piquage monté comme suit :

Eau 5 litres

Acide oxalique 100 grammes

La température de ce bain doit être maintenue aux environs de 400 à 500 centigrades, et sa durée d'environ 15 minutes;

io° On sort sans rinçage et au quart du bain on ajoute une quantité égale d'eau pure et de l'amidon;

il0 Azurage avec le violet de Paris 7 B;

12° On lève du bain d'amidonnage, on essore les plumes et on les passe dans de l'amidon en poudre bien sec en les y remuant en tous sens;

130 On secoue les plumes pour faire tomber l'excès d'amidon et on sèche dans un courant d'air froid.

Les crosses, aigrettes, etc., traitées de cette façon sont d'un très joli blanc, leurs barbes sont très souples et elles peuvent sans inconvénient être de nouveau blanchies ultérieurement ou même teintes en couleur.

Quand on se trouve en présence d'aigrettes ou de crosses dont la pointe est très sale, il est bon lors du deuxième trempage de n'immerger dans le bain que l'extrémité des brins; on évite, par ce moyen, de brider le duvet qui garnit la partie inférieure et qui se trouve déjà blanchie par le premier trempage.

BLANCHIMENT AU BLANKIT

Depuis quelque temps, le blanchiment des aigrettes, crosses, paradis, etc., peut être obtenu économiquement au moyen d'un produit spécial, dénommé « Blankit », par la « Badische anilin und Soda Fabrik » qui en est l'inventeur.

Ce produit qui se présente sous la forme d'une poudre blanchâtre, est d'un emploi fort simple et de plus très économique, en raison de son prix peu élevé.

Le blankit est très soluble dans l'eau tiède et il suffit d'y plonger la plume jusqu'à obtention du degré de blanc que l'on désire; il peut, dans bien des cas, remplacer l'eau oxygénée ou alors aider à l'action de cette dernière, particulièrement pour le blanchiment des tiges des plumes grises ou noires aont la coloration subsiste en partie quand on n'emploie que l'eau oxygénée seule.

SuCHAGE & PASSAGE EN VAPEUR

Quand les plumes ont été savonnées, blanchies ou teintes, il est nécessaire de bien les sécher avant de procéder au parage et à la monture. Quand on n'a que des petites parties à sécher on se sert d'un tamis en cuivre fin, dans lequel on met la plume en vrac et que l'ouvrière secoue légèrement au-dessus de la flamme du gaz ; le même tamis sert également pour le passage en vapeur. Le coffre à sécher dont nous donnons le cliché ci-contre, permet le séchage des parties déjà plus im- Tamis pour séchage et portantes ; le vent est insufflé par le distributeur dans

passage en vapeur ja parj.;e inférieure sous le châssis mobile supérieur

qui reçoit les plumes et dont le fond est percé de trous.

3io

La température du séchage est réglée à volonté par une vanne qui commande l'arrivée de vapeur. La disposition intérieure assure la répartition égale du vent sous toute la surface du châssis et 1 on n'a pas à craindre que la plume voltige. La mobilité des cloisons permet de sécher plusieurs couleurs, simultanément sans risquer de les mélanger.

Coffre à sécher à grande surface

Toutes les parties sont aisément démontables et visitables.

Si l'on se trouve en présence de grandes quantités à traiter, on fait

usage d'appareils rotatifs chauffés par la vapeur et dans lesquels on fait

passer un courant d'air pour activer la dessication.

Il existe un certain nombre de modèles différents de machines à sécher

qui sont toutes basées sur les principes ci-dessus ; nous devons à l'extrême

obligeance de M.

Paul Cambier, de pouvoir donner ici la description de deux modèles perfectionnés employés dans son importante usine de Paris.

Le modèle n° i qui sert à traiter les plumes lisses telles que palettes et oiseaux, se compose d'un tambour de forme

Cylindre sécheur N" I

polygonale percé de petits trous et animé d'un mouvement de rotation à raison de 60 tours par minute.

La température intérieure de ce tambour qui a, comme dimensions, 1 m. 20 de longueur sur 1 mètre de diamètre, est maintenue entre yo° et 85 ° centigrades, grâce à un double fond chauffé par la vapeur; l'aération inté-

3ir

Heure est obtenue au moyen d'un ventilateur et la durée de l'opération est d'environ une heure et demie.

Le modèle n° 2 qui sert à traiter les petites plumes en vrac se compose d'une enveloppe fixe de la forme représentée sur notre photographie et ayant comme mesures 1 m. 50 à 1 m. 75 de longueur sur 1 mètre à 1 m. 10 de diamètre ; la partie supérieure forme couvercle à charnières.

A l'intérieur de cette enveloppe, se trouve un agitateur de forme spéciale qui sert à brasser la plume ; l'appareil chauffé par un double fond et aéré par un ventilateur marche à raison de 50 tours par minute et la durée du séchage est en moyenne de une neure.

Tonneau à sécher la plume. — Cet appareil employé dans un grand nombre d'ateliers est très pratique et d'un bon rendement. La vapeur détendue arrive par le conduit (a), circule dans une double enveloppe en cuivre (c-d) et ressort en (b) par le même tourillon. L'air chaud est insufflé par le touril-

Cylindre sécheur mode e N" î

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Tonneau à sécher les plumes

Ion (e) opposé et vient se répartir par le tuyau (g) sur toute la surface des plumes ; celles-ci sont agitées par la rotation du tonneau grâce à des chicanes dont la disposition spéciale évite la brisure des tiges ou des duvets de la plume.

La porte (/) à large orifice assure le chargement et le déchargement

faciles et sa surface perforée permet l'échappement de l'air qui est ainsi renouvelé constamment.

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