GRANDE-BRETAGNE
C'est à Londres, dans la cité, qu'est centralisé le commerce des plumes brutes, qui se divise en deux branches : celui des plumes d'autruches et celui des plumes fantaisie ; les deux sortes sont vendues, pour la plus grande partie, aux enchères, comme nous l'avons vu, six fois par an. Une assez grande quantité de plumes fantaisie est importée directement des pays d'origine, et vendue directement aux fabricants sans passer par les « Public sales rooms » ; ce sont surtout, comme nous le voyons par les tableaux d'importation, des plumes de hérons, d'aigrettes, de crosses et de paradis. Une assez forte proportion de ces plumes est également importée de France, mais ce sont surtout des plumes apprêtées pour la mode qui y sont achetées régulièrement chaque saison.
Il existe à Londres un certain nombre d'ateliers, dont quelques-uns importants, mais ce qu'on y fait surtout, en dehors des articles pour modes, ce sont des boas de qualité courante; on y confectionne également des « feather bonnets » (bonnets en plumes d'autruche noires), que portent les soldats écossais, et aussi les panaches des chars funèbres ou pour cérémonies.
L'apprentissage est en usage chez les plumassiers, mais presque toujours sans contrat; il dure de deux à trois ans, et l'apprentie gagne 2 ou 3 shillings par semaine la première année, 4 à 5 la deuxième et 6 à 7 la troisième ; au sortir de l'apprentissage les ouvrières sont payées à la semaine dans tous les bons ateliers.
Une ouvrière habile peut gagner entre 20 et 40 francs par semaine, quand elle travaille aux pièces.
Il y a également un certain nombre d'ateliers pour' la teinture en couleur et en noir.
En examinant les chiffres d'importation des plumes brutes, on peut faire certaines remarques qu'il nous a paru intéressant de consigner ici.
La valeur des plumes d'autruches venant du Cap a passé de 466.871 livres sterling en 1893 à 2. 170.471 en 1912, c'est-à-dire que le chiffre en a presque quintuplé en dix ans ; pour celles des autres provenances, la valeur des importations à plus que doublé pendant la même période.
Il en est de même pour les plumes de fantaisie brutes, dont le chiffre est passé de 64.331 livres sterling en 1893 à 157.963 en 191 2.
Pour les plumes manufacturées, la France est de loin le plus gros fournisseur du Royaume-Uni avec un chiffre qui est passé de 10.595.075 francs en 1905 à 16.130.750 en 1909.
L'Allemagne vient ensuite avec 6.534.915 francs en 1909, chiffre d'autant plus intéressant à retenir qu'il a plus que doublé en cinq ans, alors que celui de la France n'a augmenté que de 60 0/0 environ pendant le même laps de temps.
Le montant total des importations annuelles de plumes est en augmentation constante dans ce pays.
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