Matériaux de construction
quint.
fr.
quint.
fr.
Détail en 1900
lo kil. quint. fr. qnlnt. fr.
Dalles et tables en ardoises 22 » II o.s il 0.2
Ardoises pour toitures. 8,5o 11 0.1 11 o.i
Briques non vernissées
ni émaillées . . . . i,5o 12.712 19. i 12.712 19. i
Tuiles noù vernissées
ni émaillées .... 2,5o 146.542 366.4 146.542 366.4
Pierres de construction brutes 1,80 32.35i 58.2 32.35i 5^.2
Plâtre i,i5 11.697 i3.5 11.696 i3.5
Chaux ordinaire ... o,85 600 o.5 600 o.5
— hydraulique. • 2,a5 140.197 3i5.4 140.197 3i5.4
Ciment 5 » 177.241 886.2 176.413 882.1
Carreaux en ciment
comprimé 10 » 762 7.6 662 6.6
Autres 35 660 0.2 7 »
251.089 quintaux ont été importés par navires français, 3o.8i8 par navires turcs et 241.377 par navires étrangers.
On construit beaucoup en Orient, moins par besoin que par vanité. Comme l'imprévoyance est la règle, il arrive souvent qu'on ne peut achever une construction, faute d'argent, ou qu'on ne trouve pas à la louer quand elle est terminée. Aussi certains quartiers présentent-ils parfois l'aspect d'une ville déserte.
Les constructions édifiées sont en pierres ou en bois. Avec le bois, les risques d'incendie sont plus gi*ands, mais, dans les régions humides, le bois est plus salubrc que la pierre. Toutefois lusage de la pierre se généralise de plus en plus et, dans les villes importantes, il est défendu de reconstruire autrement qu'en pierre les maisons incendiées ou tombant en ruines.
Le pays fournit tous les matériaux nécessaires pour ces constructions. A l'entrée de la baie d'Aïvali, on trouve des carrières de pierres renommées dites pierres de Sarmoussak, qui s'expédient dans les îles de TArchi-
pel et dans une partie de TAnatolie. Ces pierres durcissent en vieillissant. Les autres régions trouvent chez elles les pierres et bois nécessaires à leurs besoins.
On importe cependant dans les grandes villes des pierres spéciales venant d'Occident. Les plus estimées sont celles d'Arles, de Cassis, de Trieste et de Malte.
Pour les constructions ordinaires, la Turquie fournit également tous les matériaux complémentaires, tels que chaux, plâtre, tuiles, briques et carreaux. Ces matériaux fabriqués d'après des procédés primitifs ne sont peutêtre pas de première qualité ; mais ils suffisent en nombre et en valeur aux besoins de la consommation courante. Les constructeurs riches ou aisés font venir des matériaux d'Europe.
La plus grande partie de ces matériaux vient de France, qui a su résister jusqu'à ce jour à la concurrence étrangère, tout en laissant à Tltalie la vente de quelques articles. Notre succès tient au bas prix de nos articles et de nos frets. Nos marchandises sont chargées à Marseille, Saint-Louis ou Cassis, sur des voiliers qui, moyennant un fret de Ji,5o k j francs par tonne, les transportent dans le Levant. Les Compagnies de navigation les acceptent également au même prix, à l'exception des Messageries Maritimes qui n'aiment pas les frets encombrants et salissants. L'avantage des voiliers réside moins dans les frais de transport que dans les facilités de débarquement.
Examinons les principaux articles importés :
Ciments. — Les ciments, à l'exception de quelques carreaux en ciment fabriqués sur place viennent tous d'Occident. On en distingue plusieurs sortes :
Les ciments dits de Roquefort, à prise très rapide, qui viennent de Marseille. On les expédie généralement en barils de 85 kilos, au prix moyen de 3o francs la tonne ;
Les ciments de Grenoble, à prise également très
rapide ; ils s'expédient en barils de 90 kilogrammes. Consommation restreinte ;
Les ciments Portland, qui se subdivisent à leur tour en Portland naturel, 4o francs la tonne ; — Portland artificiel, 4o francs la tonne ; — et Portland anglais. Les deux premiers viennent de Marseille et en très petite quantité d'Allemagne et de Belgique. Le Portland anglais, cependant plus connu, n'est pas Tobjet d^un gros commerce ; Marseille est parvenu à concurrencer cet article et k en réduire la vente.
Chaux. — En dehors des chaux hydrauliques de production locale, deux sortes de chaux étrangères sont employées dans le Levant : les chaux du Teil et celles de Marseille.
Celles du Teil, marque Pavin de Lafarge, sont les plus appréciées ; d'ailleurs leur réputation est universelle. Elles ont été exclusivement employées dans la construction des chemins de fer de Turquie ; les cahiers des charges de la plupart des travaux en prescrivent Temploi ;
Celles de Marseille sont utilisées, lorsque l'emploi de celles du Teil n'est pas expressément stipulé. Elles valent un peu moins cher, 16 k 17 francs la tonne.
L'achat de nos ciments est subordonné k l'exécution de travaux publics et varie avec leur importance.
Tuiles. — Les tuiles que nous expédions dans le Levant sont surtout des tuiles plates ; l'Italie a la spécialité des tuiles rondes. Nos meilleures marques sont les marques Saint-André et Saint-Henry, près de Marseille. Leur prix a oscillé, depuis dix ans, entre 120 et 5o francs le 1000. Les tuiles faîtières valent 5 francs de plus par 1000 que les tuiles plates.
L'usage des tuiles tend de plus en plus k se répandre pour la couverture des maisons, où très insensiblement les terrasses disparaissent.
Briques. — Nos exportations de briques sont beaucoup
plus restreintes que celles des tuiles. Elles ne parviennent pas à concurrencer les produits du pays, qui se fabriquent, selon les besoins, dans toutes les régions de TEmpire, aussi bien pour les briques réfractaires que pour les briques pressées. Dans les quelques envois que l'Europe fait encore dans le Levant, l'Italie se distingue par les briques creuses et plates, importées de Livourne, et la France par les briques pressées, qui se vendent environ 65 francs le looo.
Plâtre. — Le plâtre importé vient également de Marseille. Les bonnes qualités se vendent 28 francs la tonne, les qualités ordinaires 22 francs et les qualités inférieures, plâtre gris, 17 francs. Le plâtre est expédié en sacs.
Tuyaux, — Les tuyaux poteries, pour siphons et cuvettes, sont fournis par Aubagne, près de Marseille. Les prix varient suivant les dimensions.
Carreaux. — Les carreaux sont très employés pour le carrelage des pièces ou des terrasses. Ils viennent de Marseille.
Le chiffre moyen de nos importations est de i million 1/2 de francs. Constantinople, où les constructions sont les plus nombreuses, est notre plus grand acheteur.
Dans le Levant, Smyrne nous a acheté, en 1889, loS.ooo francs de matériaux, sur une importation totale en cette ville de 147.000 francs. En 1896, nous avons importé 56. 000 francs de briques et tuiles et 1 24.000 francs de chaux et ciment. En 1898, l'importation s'est décomposée en 49*800 francs de tuiles plates de France, i!i.3oo francs de tuiles rondes dltalie; 10.000 francs de tuiles d'Angleterre et i.25o francs de tuiles plates de Salonique.
Beyrouth, en 1899, a importé de France 988.000 kilogrammes de chaux, toute son importation, et 3.35o.ooo kilogrammes de tuiles qui se sont vendues 75 francs le 1 000,
alors que les Italiens les offrent à 60 francs. Seulement, on a remarqué que les tuiles italiennes, rouges comme les nôtres, ne conservent pas leur couleur.
Les importations à Jaffa, de provenance exclusivement française, se sont élevées pour les tuiles et briques, en
1898 à 146.000 francs et en 1899 à 1 12.000 francs. Les importations de chaux et ciment ont été de
70.000 francs, dont 58. 000 francs pour la France et 12.000 pour r Angle terre. ^Af. u.c., 18 octobre 1900.)
Caïffa reçoit annuellement pour 25. 000 francs de tuiles et briques. Les mêmes matériaux ont trouvé à Mersina un écoulement de 133.790 francs en 1898 et de 41.575 francs en 1899. Ces matériaux venaient de
France. (M. 0. C, 8 novembre 1900.)
Samsoun, qui fut travaillé d'une fièvre de construction intense entre i883 et 1893, et recevait alors une moyenne de 1 40.000 francs de matériaux, a reçu en
1899 1.206.000 kilogrammes, 67.600 francs de tuiles, briques, chaux et ciments, dont 27.000 venaient de France et le reste de Turquie. (M. 0. c, 9 août 1900.)
L^importation à Kerassunde a été seulement de fr. 870 en 1899, et celle de Trébizonde est en moyenne de 4» à 45.000 francs pour les chaux et ciments.
hes affaires portant sur les matériaux de construction ne laissent pas de gros bénéfices. Elles se traitent généralement avec un terme de trois mois pour le paiement, à compter du jour du débarquement de la marchandise, ou bien un escompte de 3 pour 100 pour les paiements au comptant.