TAutriche
la.Soo — — la Russie, etc.
La Turquie vient très loin après ces différentes puissances et d'autres que nous n'énumérons pas.
En 1892 son imp. s'est élevée à 2.935.795 kilos. 5.332.843 fr.
— 1894 — — 2.4ii.o58 — 3.026.461 —
(B. C. C, janvier 1901, p. 2o5.)
On remarquera qu'en cinq ans cette importation a diminué de moitié. Cette décroissance si rapide et si importante ne tient pas comme on pourrait le croire, à une surproduction des mines nationales d'Arghana, mais à une modification radicale dans les habitudes de la population.
Il y a dix ans et dans des temps plus anciens, il était d'usage dans les familles riches et de condition moyenne d'avoir une belle batterie de cuisine en cuivre; les ménagères y mettaient leur orgueil. Tout était cuivre, depuis le majestueux samovar et le gracieux mangal, ou brasier évasé qui chauffait les appartements, jusqu'au fendjéré ou casserolle arrondie et au mastrapa ou broc servant à contenir de l'eau.
Maintenant, c'est le règne des terres vernissées, de porcelaines allant au feu, des casseroles en fer battu, de la fonte émaillée, etc. Ces ustensiles brillent moins; mais ils coûtent moins cher, ils n'ont pas besoin d'aller
souvent chez Tétameur, et ils se nettoient plus facilement et plus vite. Ajoutons que le cuivre offre certains dangers auxquels la fonte n'est pas soumise. Les ustensiles en cuivre n'ont pas disparu, mais ils sont plus rares et on ne les remplace pas toujours.
Tel est le secret peu mystérieux de la décroissance de rimportation du cuivre en Turquie. L'industrie orientale proprement dite ne compense pas cette diminution. L'Orient nest pas industriel. Ses machines, ses bateaux, ses chemins de fer, ses locomotives lui viennent presque tous d'Europe. La Turquie n*emploie guère le cuivre que pour Tentretien ou la réparation de ce matériel.
Le cuivre importé dans le Levant vient en majeure partie d'Angleterre (Liverpool), où les prix sont moins élevés. La France et l'Allemagne n'en expédient qu'une très petite quantité. Ce cuivre est importé sous deux formes, en feuilles ou en plaques.
Le cuivre en feuilles sert surtout à radouber les navires et les chalands. Les feuilles oblongues et carrées sont les plus demandées. Le cuivre en plaques sert principalement à fabriquer des ustensiles de ménage.
Pour l'importation, le cuivre est entouré de cercles de fer, dits feuillards, qui souvent se rompent au moment du débarquement. Le prix de ces feuillards s'ajoute au prix du cuivre. Le cuivre étant l'un des articles sur lesquels la spéculation s'exerce volontiers, il est impossible de lui attribuer une autre valeur que celle de i4o à 175 francs les 100 kilogrammes. Les cuivres en feuilles valent un peu plus cher que les feuilles en plaques.
Le cuivre jaune ou laiton, qui est un composé de cuivre et de zinc, est surtout utilisé à Damas pour la fabrication des objets en cuivre repoussé : vases, plateaux, lampes de mosquées, poignées, etc. Cet article est exclusivement fourni par Birmingham, qui fournit encore des rivets et la clouterie de cuivre.
L'importation française qui fut dès le début prépondérante a fait place à l'importation anglaise, qui elle-même est en décroissance,faute de débouchés. Sur un chiffre total de a. 638. 729 francs, en 1896, notre importation était de 321.214 francs; elle n'est plus que de 246.299 francs en 1898 et 252.661 en 1899.
L'importation de Smyrne est la plus élevée de toutes les villes du Levant. En 1889^ elle dépassait le million; elle n'est plus aujourd'hui que de 3oo à 5oo.ooo francs. Sur ce chiffre, la part de la France est de i5 à 20.000 fr: 13.926fr.cn i889et2o.5oo en 1894.
Trébizonde a importé d'Angleterre, en 1899, 154.700 kilogrammes, 386.750 francs.
Tireboli a importé, la même année, 53.ooo kilogrammes, 26.270 francs de cuivre, fer et clous. La part de la France, qui était de 3.170 francs, en 1898, est tombée à zéro en 1899.
Mersina a importé 174.820 francs de cuivre en 1900^ contre 21 5. 000 en 1899. L'Angleterre détient les trois septièmes de ce commerce, où la France n'a aucune part. fZ). a. C, /?., 1900, n° 2587.)
Beyrouth, en 1899, a reçu 96.000 kilogrammes de cuivre brut, et 14.000 kilogrammes de cuivre ouvré, le tout venant d*Angleterre. (B. C C, 23 mai 1901, supp.)
La même année, Alexandrette en a reçu pour i3o.ooo francs, dont 110,000 francs d'Angleterre, 10.000 francs de France et le reste d'Allemagne. (B. C, C, 1901 mai, p. 872.)
Jaffa importe pour environ 75.000 francs de cuivre et objets en cuivre, et Dassorah pour 400.000. Le tout vient d'Angleterre.
20 Fer.
Le fer est surtout d'importation anglaise ou belge : le fer de Belgique est de qualité inférieure, mais il coûte moins cher. Le Havre a essayé d'introduire le fer français, mais les envois n^ont pas eu beaucoup de succès.
Les 47.800 francs de 1900 se subdivisent en : 19.500 francs de fer laminé.
8. 800 — de fils de fer ou d'acier. 8.700 — de fer étiré en barres.