IV. Méditerranée
Les provinces bordant la Méditerranée sont les vilayetsde Koniah (sandjak d'Âdalia),;d\\dana, d'Alepetdc Beyrouth et les mutessarifliks du Liban et de Jérusalem.
Aux provinces d'Adana et d'Alep correspond le vilayet intérieur de Diarbékir, et, dans une certaine mesure, les vilayets plus lointains encore de Mamouretul-Azis, Bitlis et Van, qui échangent quelques produits avec Alep.
A la province de Beyrouth correspond le vilayet intérieur de Svrie.
Le mutessariflik désertique de Zor est desservi tout à la fois par les vilayets d*Alep et de Syrie, et par ceux de Bagdad et de Bassorah, sur le golfe Persique.
Les ports appartenant à cette zone sont ceux d*Adalia et d'Alaya (v. de Koniah), Selefké et Mersina (v. d*Adana), Alexandrette et Suédieh (v. d'Alep), Lattaquieh, Tripoli, Beyrouth, Saïda, Saint-Jean-d'Acre et CaïfTa (v. de Beyrouth), JafFa et Gaza (m. de Jérusalem).
Avant Touverture du chemin de fer de Koniah, le vilayet de ce nom était en majeure partie desservi par le port d'Adalia ; Touverture de la voie ferrée a détourné de la côte le mouvement commercial. Du même coup, Adalia a perdu beaucoup de son importance ; elle ne dessert plus aujourd'hui que le sandjak dont elle est le chef-lieu et celui deNigdé.
Adalia est Tancienue Attalia, fondée par Attale, roi de Pergame. Elle est bâtie au sommet d'un rocher qui domine la mer et est entourée d'une triple enceinte de murailles.
Adalia est peu fréquentée par les navires européens et pas du tout par les navires français. Presque tout son commerce se fait avec Smyrne et Constantinople, où ses négociants vont acheter les objets nécessaires à la consommation locale. De même, ses produits, enlevés par des voiliers, vont à Smyrne en consignation. Ces produits sont les blés et farines, la gomme adragante, les racines de réglisse, la laine, le tiftik, les peaux, le coton^ les tapis, les cocons, la vallonée, les sésames et les bois (pin, mélèze, chêne blanc et chêne vert), dont Texploitation appartient au gouvernement.
AdanX. — Le vilayet d'Adana ^ comprend une région basse, voisine de la mer, où le climat est chaud et humide Tété et où régnent les fièvres paludéennes, et une partie haute, traversée par le Taurus, où la température est toujours agréable. Il est arrosé par le Cydnus, le Sarus et le Pyramus.
^ Superficie 40.000 kilomètres carres.
Population 400*000 habitants.
Villes principales :
Adana. . . . 42.000 hab. Ermének • . 6.000 hab.
Tarsous. . • 18.000 — Sis 3. 600 —
Mersina. . . is.ooo — Seléfké . . . a.Soo -^
Le sol est en général fertile , surtout dans les plaines où la végétation est celle des régions chaudes ; il y vient des céréales, du riz, de Topium, la vigne, Toranger, le citronnier, la canne à sucre, les caroubes, les graines oléagineuses, mais surtout le coton, qui est d'une qualité renommée. Dans la montagne poussent les cerisiers, pommiers, poiriers, pêchers et noyers. Les forêts couvrent 490.000 hectares ; leurs principales essences sont le pin, le sapin, les chênes, cyprès, bouleaux, caroubiers, oliviers, mûriers et buis ; on en tire du bois de chauffage pour l'Egypte et pour lu Syrie.
L^industrie peu florisante se borne à la fabrication de quelques étoffes grossières, des feutres, toiles et tapis, dits kilims. L'éducation des vers à soie se développe de plus en plus.
Le vilayet d^Adana possède une voie ferrée longue de 63 kilomètres, qui dessert le chef-lieu et le port de Mersina. Cette ligne, concédée en i883, a été ouverte à. l'exploitation en 1886. Une route carrossable, longue d'environ SaS kilomètres, traverse le vilayet de lest à Touest en passant par Sis, Adana, Tarsous, Mersina, Seléfké et Mouth Une autre route s'embranche à Tarsous et remonte vers le nord en franchissant les « Portes Syriennes ». Les transports se font, comme dans le reste de TEmpire, à dos de chameaux. *
L*ensemble du commerce de la province d'Adana atteint 82 millions de francs, dont 22 millions à l'exportation Il s'effectue par le port principal de Mersina et par les ports secondaires de Seléfké (Tach Udja), Kilindria, Anamour, Ayas et Caradash. Le vilayet dAdana dessert encore la partie méridionale du vilayet de Sivas.
Avant l'ouverture du chemin de fer de Koniah, Mersina servait autant que le port d'Adalia aux transactions avec le vilayet du nord-est ; il pourra reprendre ce mouvement d'affaires et même l'augmenter^ Te jour où le
chemin de fer, passant par Âdana, se prolongera jusqu*à Bagdad et le golfe Persique.
Mersina tire son nom d'un mot grec qui signifie myrtes. Presque inconnue il y a quarante ans, elle est aujourd'hui fréquentée par les navires de toutes les puissances européennes et visitée par leurs négociants. La ville est en général propre et bien construite. Malheureusement, elle n*a pas de port; les navires doivent mouiller très loin de la cote et ne sont pas abrités.
Nous empruntons aux rapports consulaires français et anglais le mouvement commercial de Mersina avec notre pays, pendant les années 1898, 1899 et 1900, en faisant remarquer qu'à l'exportation nous tenons le premier rang des puissances européennes et à Timportation, le troisième.
Importations a Mersina
fr. fr. fr.
Cafés 1 52. 400 67.590 »
Tuiles et ciments 133.790 Jii .bjS 37.000
Sucres et denrées coloniales . 78.910 loS.ooo 169. 5oo
Pointes et plombs 54.33o 29.682 ii.Soo
Cuirs 38.400 41.440 10.425
Drogueries et couleurs ... ; 3o.755 » So.ooo
Papiers divers 29.770 13.980 12.000
Manufactures a5.88o 25.455 1 63. 000
Quincaillerie et verreries . . . 17.860 » 28.875
Savons 16.800 14.375 5.5oo
Farines, spiritueux, provisions. 16.240 12.445 »
Bougies ii.55o 9.35o 7.5oo
Epicerie » 4». 980 »
Boissons et alcools i.9a5 » 7.000
Jute et sacs vides i.3oo » »
Fer et ferronnerie » 11.340 34.5oo
Divers 77-4*5 29.415 32.5oo
m^a^ÊmmÊmm ■hmh^imm* aBiHiMn^i^
{M. O. C, 8 nov. 1900. — D. a. C. ii., 1900, n» 2687.)
9îi
Exportations de Mbrsina
Blé
Orge
Avoine
Céréales
Sésames. .
Graines oléagineuses . .
Sésames et gr. oléagin.
Légumes secs
Gomme adragante • .
Graines jaunes
Gommes, graines jaunes.
Noyaux d*abricots .
Cire jaune
Cotons
Laines
Tapis
Peaux et cuirs
Cocons
Boyaux salés
Jaunes d'œufs, albumine
Chrome
Divers
tt
fr
>ooo
(M. 0. C, 8 nov. 1900. — D. n. C, R., 1900, n» 2687.)
Si Ton veut tenir compte du mouvement d^afFaires des diverses petites échelles dépendant du vilayet, leur part peut être approximativement établie de la façon suivante (chiffres de 1899).
Seléfké, dont le port est Tach-Udja : 1.840.000 francs, dont 380.000 francs à Timporlation, et 1. 160. 000 à l'exportation.
Anamour : 4o5.ooo francs, dont 1 83. 000 francs à Timporlation el 222.000 à l'exportation.
Kilindria : 349.000 francs, dont 141.000 francs à l'importation et 208,000 à l'exportation.
Ayas et Garadash, a. 207.000 francs à l'exporta iion. Néant à l'importation.
Les blés, orges, vallonées^ sésames, bois de construction et bois à brûler, sont les principaux articles d^ exportation.
Âdana, chef-lieu du vilayet, est une ville malpropre et mal bâtie. Son marché très important est fréquenté tous les mardis par 10.000 personnes.
Alep. — Le vilayet d'Alep* contient une partie montagneuse, qui s^élève jusqa*à 25oo mètres et une partie basse, beaucoup plus étendue, qui est traversée par l'Euphrate, l'Oronte et le Pyramus. Dans cette région où la salubrité n'est pas parfaite et où règne le bouton d'Alep, le baromètre monte Tété jusqu'à 35 et39degrés^
Le sol est extrêmement fertile. Il produit du blé et de Forge (Alep), du millet, des graines oléagineuses, des olives (Nézib), le coton, la racine de réglisse (Amouch, prèsd'Antioche), les pistaches (Alep et Orfa), les raisins, les noix, le tabac (Aïntab), et les fruits des pays chauds : oranges, citrons, figues, pastèques, melons et grenades. Les montagnes sont couvertes d'épaisses forêts où les oliviers, noyers, mûriers et grenadiers se mêlent aux chênes, pins et cyprès. On en retire toute sorte de bois de chauffage et de charbon de bois. Les pâturages y sont fort abondants : le vilayet d'Alep est l'un de ceux où l'on élève le plus de moutons et de chèvres.
L'industrie y est plus florissante que dans les autres
*■ Superficie 78.600 kilomètres carrés.
Population 995.000 habitants.
Villes principales :
Alep. . • . I25.000 hab. Kiliss .... ao.ooo hab.
Orfa. . . . 55.000 — Idlib i3.ooo —
Marach . . 5a. 000 — Birerdjik. . . 10.000 —
Aintab. . . 43.000 — Alexandrette . 10.000 — Antioche. . 24.000 —
94 LA SITUATION GEWÉBALE KN 1V»00
provinces. Elle porte principalement sur le tissage des soies pures ou des soies mélangées (Alep), la fabrication des fils d'oret d^argent, et la tannerie (Aïntab etMarach). Il faut encore citer la fabrication des cordes et ficelles (Alep), les savonneries (Antioche), l'orfèvrerie, les armes, la teinturerie, la broderie et la passementerie, la préparation des fruits confits.
Les moyens de communication sont les mêmes que dans le reste de l'Asie turque : les transports se font à dos de chameau à raison de 3 fr. 5o par jour, pour une charge de aSo kilogrammes. L'Oronte n'est pas navigable et TEuphrate ne commence à le devenir qu'à la sortie du vilayet. Une route de i6o kilomètres conduit d'Alexandrette à Alep. Une autre route de 5o kilomètres s'embranche sur la précédente à Top-Boghaz et conduit à Antioche.
Le commerce extérieur s'effectue par les ports d'Alexandrette et de Suédieh, mais celui-ci n'est visité que par les chalands et les voiliers.
A l'exportation, le commerce en 1900 s'est réparti, par ordre d'importance, entre les manufactures indigènes, la laine, les cocons et déchets de soie, l'orfèvrerie, les peaux et maroquins, le cuivre (provenant du vilayet de Diarbékir), le beurre, les racines de réglisse, les pistaches, le blé et l'orge, la noix de galle et les graines jaunes, les bestiaux, les oranges et citrons, les fruits secs et amandes, les albumines et jaunes d'oeufs.
A rimportatioh, les principaux articles ont été : les cotonnades, les soierie?, les métaux (fer, cuivre, étain), les draps et lainages, lorfèvrerie, le tabac et le tombéki, les peaux et cuirs, lindigo, la bonneterie, les denrées coloniales et conserves alimentaires, la quincaillerie, les couleurs, les produits chimiques et pharmaceutiques, le pétrole, etc.
La classification de ces articles ne saurait être rigou-
LES ZONES GOMMEKCIALËS 95
reuse ; elle varie d'une année à l'autre, parfois dans des proportions considérables.
Âlep, chef-lieu, du vilayet, est bâti sur une petite éminence près de la rivière Kouïk. Elle est entourée de murailles, qui ne constituent pas une défense, avec treize faubourgs, qui s'étendent sur un circuit de 12 kilomètres. Les anciennes maisons, construites en gros blocs de pierre sont d'un aspect misérable, mais elles sont confortables et bien ornées à Tintérieur. Les rues sont étroites. La ville est divisée en vingt-quatre quartiers ; les Européens habitent les quartiers du centre.
Antioche n'occupe plus aujourd'hui que la sixième partie de son ancien emplacement, au temps des Séleucides. On sait^ qu'au moment des Croisades, elle fut le siège d'une principauté chrétienne.
Orfa est l'ancienne Edesse. Comme Antioche, elle fut le siège d'une principauté chrétienne qui subsista, même après la destruction du royaume de Jérusalem. Orfa est située à 263 kilomètres d'Alép. Les caravanes vont de l'une à l'autre de ces villes en cinq jours ; un cavalier met trois jours au pas régulier de son cheval.
Alexandrette, ville importante dans Tantiquité^ n'était qu'une bourgade malsaine il y a cinquante ans. Quelques travaux d'assainissement et les nécessités commerciales lui ont rendu une partie de son importance, qui augmente tous les jours. La baie où est situé le port pourrait abriter les plus grandes flottes, mais il faudrait quelques travaux, notamipent une jetée en pierre du côté nord, et l'on n'a construit pour les besoins du commerce que deux jetées en bois, qui ne sont même pas entretenues.
En 1900,1a France, venant après la Turquie et l'Egypte, occupait le troisième rang dans l'exportation générale d'Alexandrette avec le chiffre de 4*654. 000 francs; à rimportation, elle venait après l'Angleterre, la Turquie,
TAutriche et Tltalie, avec un chiffre d^affaires de 2.978 000 francs. En 1899, ^^^ chiffres avaient été respectivement de 4-672.000 francs et 2.771.000 francs.
On peut prévoir que si jamais Alexandrette devient la tête de ligne d'un chemin de fer allant jusqu^au golfe Persique, elle sera Tune des métropoles commerciales de la Méditerranée, distançant de beaucoup Beyrouth et Smyrne.
EXPORTATIONS d'AlBXANDRBTTB
(Chiffres de f899)
Valeur totale Part de la France
fr. fr.
Tissus J^.io2,Soo 19.000
Laines 3.3ao.ooo 1. 100.000
Cocons 2.3oo.ooo a.oSo.ooo
Maroquins et peaux 1.810.000 85o.ooo
Cuivre et vieux cuivre 1.800.000 108.000
Beurre i . 600 . 000 »
Racines de réglisse. ...*... i5 à ao.ooo t. »
Pistaches 646.800 48.260
Céréales 698.000 61.000
Galles et graines jaunes . . • 58o.ooo i5o.ooo
Bestiaux interdite en 1899 »
chKTre normal Soo.ooo
Boyaux salés 35o.ooo »
Oranges et citrons 3ao.ooo »
Albumine et jaunes d'œufs . . . 3oo.ooo presque tout pour
la France
Gommes 27$. 000 55. 000
Sésames, graines de pavots . . . 21 3. 000 6.000
Opiuni '. . an. 000 »
Amandes et noyaux d'abricots. . 187.000 71.000
Huiles d'olives i36.ooo 29.000
Raisins secs et figues .».i65.ooo io5.ooo
Autres articles : coton, cire jaune, savon, tabac, bois à brûler, charbon de bois, scammonéc, vallonée, etc.
(B. C. C, 1901, mai, p. 868.)
Les zones commerciales
Importations a âlkxandrettk (Chiffres de 1900)
Valeur lutulc Part de la France
fr.
Colonnades, tissus divers .... -mj.iji^.ooo
Soieries. . 2.873.000
Quincaillerie 2.6io.o5o
Argent monnayé vi objets de valeur 2 . 261 . 075
Draps 1 . 679 . ooo
Cuirs et peaux i. 633. 000
Drogueries i . 2o3 . aSo
Sucre 903.800
Fer, machines-outils 86.5.674
Couleurs 596.400
Soie 596.40*»
Papier, cartons 533.975
Plomb, zinc, fer-banc, acier. . . . 5o6.3oo
Café •. 419.375
Toiles d'emballage et sucs vides. . Çyjjy^o
Conserves alimentaires 384. 25o
Verrerie et cristaux 327,950
Vins et spiritueux 119.300
Cuivre 128.250
Poivre et piment 42.5oo
Cochenille 3. 000
Etc.. etc.
fr.
riBg
48 I . JOO
' as.ooo fr.
en 1899)
I ro. 100
52 , 5oo
janv. p. 21
Suédieh, à Tembouchure de l'Oronte, est le port d'Antioche. Il charge surtout par voiliers des céréales, des racines de réglisse et du chrome, pour une somme d^en viron 20 millions de francs, tandis que ses importations atteignent à peine 700.000 francs. (V. Cainet, t. Il, p. 175.)
DiARBÉKiR. ^ Du vilayet d'Alep on pénètre dans celui de Diarbékir par la route Birerdjik, Orfa et Séverek.
Quelques alTaires se traitent aussi avec le vilax et de Mamouret-ul-Azis.
Le vilayet de Diarbékir se compose de plaines peu élevées, arrosées par le Tigre et l'Euphrate. La température oscille entre les chiffres moyens de — 1 1 degrés et + 35 degrés, suivant les saisons. Le climat est en général salubre , sauf à Diarbékir où régnent les fièvres ^
Faute de capitaux et de débouchés, le sol est peu cultivé ; il produit surtout des fruits, melons et pastèques qui, avec les sésames, les cocons et déchets de soie, la noix de galle, la gomme adragante, les peaux de chèvre et le cuivre, forment la base principale des exportations. Diarbékir et Mardin produisent un vin assez estimé. On élève beaucoup de troupeaux, notamment des moutons et des chèvres qui sont vendus à Alep et donnent du beurre et des peaux, vendues en grande quantité dans les autres provinces de TEmpire. Les forêts ont entièrement disparu, sauf dans le caza de Palou : le chêne en est lessence presque unique. Les mines de cuivre d'Arghana jouissent d une grande réputation.
L'industrie est réduite à la fabrication des tissus de soie, de coton et de laine, la broderie sur étoffes, la fabrication des tupis, la chaudronnerie.
Les moyens de communication terrestres sont les mêmes que dans le reste de l'Empire. Cependant, le Tigre est navigable depuis Diarbékir. Les transports s'effectuent au moyen de « kéleks )>, qui sont des radeattx
^ Superlicie .16.800 kilomètres carrés.
Population 470.000 habitants.
Villes principales .
Diarbékir . . 35. 000 hab. Djézireh. . . 10.000 hab.
Mardin . . . aS.ooo — Palou .... 7.500 —
Sévcrck . . . 10.000 — Ar^hana. . . 6.000 —
Nissibiii . , . lo.ooo —
soutenus par des outres gonflées d'air. Comme le courant du fleuve est trop rapide pour le retour — sept nœuds à Theure au minimum — lorsque ces outres sont arrivées à destination, elles sont dégonflées et reviennent à leur point de départ chargées à dos d^ânes. Ce système augmente beaucoup les frais.
Le vilayet est traversé parla route de Samsoun-Sivas- Kharpout, prolongée par les villes d'Arghana, Diarbékir, Mardin et Nissibin (226 kilom.), et allant ensuite à Mossoul. Une autre route allant du vilayet d'Alep à celui de Bitlis passe par Séverek , Diarbékir et Méfarkin. Les transports peu fréquents entre Diarbékir et Samsoun (585 kilom.) s'effectuent en i44 heures, tandis que ceux entre Diarbékir et Alep (45o kilom.) sont beaucoup plus nombreux et ne durent que 108- heures.
Le mouvement commercial du vilayet s^est chiffré pour Tannée 1899 ^ 5.923.000 francs à l'importation et 10.975.000 francs à Tex portât ion. cif.o. c.,4 avril 1901.)
La part de la France aux importations a été de 326.000 francs, tandis que celle de la Russie, de beaucoup prépondérante, a été de 2.1 45. 000 francs. Les principaux produits que nous avons introduits sont : les bougies, le café, le sucre, les cuirs et les produits pharmaceutiques. Beaucoup de ces articles sont imités et contrefaits par nos concurrents étrangers. A Texportation, nous avons reçu des poils de chèvre, de la gomme adragante, de la laine, des peaux et Tintégralité des cocons.
ZoK. — Lesandjak de Zor, distrait du vilayet d'Alep en 1807, a été constitué en mutessariflik spécial afin de donner au gouverneur Tautorité et l'initiative nécessaires pour arrêter les pillages des nomades. Deïr-el-Zor, sur TEuphrate, le chef-lieu du nouveau gouvernement, est une ville neuve, propre, bien entretenue, encadrée dans
100 U SITUATION GÉfTÉRALE EN 1900
un bosquet de verdure qui contraste avec l'aridité général du sandjak^
La température y est très chaude et monte parfois Tété jusqu'à 55 degrés. Le mutessariflik est traversé par TEuphrate et son ailluent le Khabour. L'Euphrate n'est pas encore tout à fait navigable.
Les cultures uniques de cette province sont, pendant Tété le maïs et les sésames, pendant Thiver le blé et Torge. L*industrie se borne k la fabrication des abas.
Les transports se font par caravane, entre Deïr-el-Zor, Alep et Damas.
Le commerce d'exportation est évalué par M. Vital Cuinet à '2.85o.ooo francs et celui d'importation k i.ySo.ooo francs. Les importations principales portent sur les cotonnades, les soieries d'AIep, les tapis et le tabac.
Revenons à la côte :
Beyrouth, — Le vilayet de Beyrouth est traversé par le Liban, dont les principaux sommets, près de Tripoli, dépassent 25oo mètres ; mais dans le Sud Taltitude est beaucoup moins élevée. C'est dans le sud que se trouvent ces montagnes illustrées par Thistoire : la chaîne du Carmel (4oo à (ioo m.), le mont Thabor (56o m.), le Gelboë (521 m.), les monts Ebal et Garizim (94<> et 870m.), où Ton allait honorer « les dieux du haut lieu». De petits fleuves sans importance, le Nahr-el-Kébir, la Lita, le Kison et le Jourdain arrosent cette contrée où ils creusent parfois au pied des montagnes des vallées profondes et encaissées. Le Jourdain, qui coule sur les limites du vilayet, traverse les petits lacs Houleh et de
I Superficie 100.000 ki loin cires carres.
Population 100.000 habitants.
Villes principale}^ :
Deïr-el-Zor. . ao.ooo liab. Has-ul Aïn.
Tadnior (ancienne Palinyrc.) Meyadin.
LRS ZONES COMMERCIALES 101
Tibériade. Le climat est généralement sain, sauf dans la région de Tripoli où régnent les fièvres. Le maximum de chaleur à Beyrouth est de 35 degrés, sur une moyenne de 27 degrés pendant Tété. L'hiver, la moyenne tombe à H- 7 degrés * ,
Les productions agricoles sont par ordre de valeur : le bléy Torge, les huiles dVilive, la soie, la laine, le maïs, la scammonée, Tavoine, le millet, les fruits frais, les oranges, les racines de réglisse, le sésame, les citrons, les noyaux d'abricots, le tabac, les figues sèches, etc. Le sandjak de Tripoli produit des œufs de volailles qui donnent lieu à une industrie très active sur les albumines et les jaunes d'œufs. On cultive encore la vigne.
Il existe des gisements de lignite^ des schistes bitumineux, des carrières de marbre, mais aucune mine n'est exploitée. Pas de forêts proprement dites : dans les montagnes, les pins et sapins se rencontrent avec le chêne et le platane. Parmi les autres arbres, citons le mûrier, l'olivier, loranger et le citronnier.
Les industries sont peu actives et contrariées par la concurrence européenne. Les principales sont les industries textiles : filatures de coton (Beyrouth, Saint-Jeand'Acre, Tripoli, Lattaquieh) et filatures de soie (Tripoli, Beyrouth, Saïda). Il faut ajouter à ces industries la fabrication de l'albumine et des jaunes d'oeufs, les savonneries, les minoteries et les presses hydrauliques pour huileries, etc.
t Superficie 3o.5oo kilomètres carrés.
Population 535. 000 habitants.
Villes principales :
Beyrouth, 120.000 habitants, dont 3o.ooo musulmans.
Tripoli. . . . 3o.ooo hab. CaïfTa .... 10.000 hab.
Naplouse (Sa- Safed .... 10.000 —
marie) . . . 23.000 — Nasra (Naza-,
Lattaquieh. . 22.000 — reth). . . . 8.000 —
Saïda (Sidon). 1 1 .000 — Tebria (Tibé-
Saint-Jean- riade) . . . 7.000 —
d'Acre. . . 10.000 — Sour (Tyr\ . 6.000 —
10;> LA SITUATION GESÉhALI- EN 1900
L*ensemble des routes traversant le vilavet de Beyrouth atteint 625 kilomètres. Les principales sont : les routes de Lattaquieh à Hama, de Tripoli à Homs et Hama, de Beyrouth à Damas.
La route de Beyrouth à Damas qui était une route à à péage, avait été concédée en 1857 à M. de Perlhuis. Commencée en i85(), elle fut terminée en i863. Elle a donné de forts beaux bénéfices. En 1892, on résolut de la remplacer par un chemin de fer, et la Compagnie concessionnaire de la route fit place a la Société des chemins de fer ottomans économiques de Boyrouth- Damas-Hauran, qui est restée presque entièrement française. La ligne commencée le 8 décembre 1892, a été construite par la Société des BatignoUes, qui acheva ses travaux à la fin de 1894. Cette ligne a un développement de 147 kilomètres, entre Beyrouth et Damas, et 101 kilomètres entre Damas et Mzérib, point terminus dans le Hauran. Elle est à voie de 1 mètre et a coûté fr. 36.098.000. Elle a dû franchir des altitudes très diverses, d'abord le faite du Liban, à 1487 mètres de hauteur, puis la plaine de la Beqàa à 900 mètres, enfin, le faite de TAnti-Liban à i4oo mètres, pour redescendre à Damas (690 m ) et Mzérib (488 m.). Cette ligne doit se prolonger au nord entre Damas et Hama; elle est actuellement en construction.
La route de Tripoli à Homs et Hama est restée une route à péage, exploitée par une Compagnie indigène. Son capital est de 644*000 francs. Le dividende distribué a été en moyenne de 23 francs par action de 92 francs.
Le mouvement commercial de tous les ports du vilayet de Beyrouth peut être évalué à 127.000.000 francs, dont 71.600.000 à l'importation et 56. 200.000 francs à l'importation. Ces ports sont Beyrouth, Tripoli, Lattaquieh, CaïfTa, Saïda, Sour et Sain t-Jean-d' Acre.
Beyrouth est Tancienne Béryte, qui a eu des fortunes très diverses. A la fin du xviu* siècle, elle ne comptait
LES ZONES COMMEBCIALES 103
plusque 6.000 habitants. La ville actuelle^ vue de la mer, se présente en amphithéâtre avec un bel aspect. Dans le fond, les montagnes du Liban ; tout autour de la ville des plantations de mûriers, d'orangers et d'oliviers. Elle n'a que quatre ou cinq belles rues ; les autres sont de simples ruelles étroites qui entretiennent la fraîcheur. Le port de Beyrouth est protégé depuis peu d'années contre les vents et les fortes mers par une grande jetée et plusieurs môles.
Malgré l'importance de Beyrouth, nous navons pas de chiffres précis ni concordants sur le mouvement commercial de cette ville.
M. V. Cuinet, qui écrivait en i8()5, Testimait en moyenne à 87.600.000 francs, dont .42-^o<>*^<>o francs à l'importation et 4^ millions k l'exportation. (V. Cuinct, la Stjriet p. G7.) M. V. Cuinet écrivait au lendemain d'une crise financière très grave, dont les effets se font encore sentir. Les rapports de nos consuls ne font ressortir depuis 1898 qu'une moyenne de 54 millions, dont 37 millions à l'importation et 17 millionsà l'exportation. Nous citons ces chiffres , tels qu'ils se présentent :
1898. Importation. 96.062. oou kilogrammes. Valant environ
36 millions.
— Exportation. 28.606.000 kilogrammes. Valant 18 millions,
dont 16 millions pour les soies.
(B. C. Cy juillet 1900, p. 5o.)
1899. Importation. 112.364.000 kilogrammes. Valant environ
38 millions.
— Exportation. Pas de chiffres. La soie représente les huit
dixièmes du trafic.
fM, 0. C, 23 mai 1901.)
1900. Importation. 102.200.000 kilogrammes.
— Exportation 27.408.000 kilogrammes. Les soies repré-
sentent une valeur de 14 millions.
(M, 0, C.t 19 décembre 1901.)
Nous résumons le rapport consulaire français pour
lai
Tuiles .
Marbres .
Poterie Chaux . .
Tannée 1 900 avec les indications diverses qu'il fournit :
Importations
1© Produit» minéraux: Pays de provenance.