tonnes 4.9io — I . 45o
2» Boifi il*ébéiiifiterie.
quint.
fr.
Détail en 1900
fr. la tonne quint. fr. quint. fr.
Ruts 190 1.000 19.0 i.ouo M).o
Autres, sciés à plus
de a décim. d'épais. 270 5.740 i55.o 4.190 ii3.o Sciés à a décimètres
et moins 300 35o 8.8 35o 8.8
3» Bols de teinture.
quint. fr. qalnt. fr.
Bois de teinture en bûches. . , 222 a6.6 aaa a6.f1
La majeure partie des forêts appartient à l'Etat qui en retire tous les bois nécessaires à ses constructions navales mais qui y en dehors de ses besoins spéciaux, ne se livre à aucune exploitation régulière. En pratique, les arbres sont vendus à des Sociétés ou à des particuliers, qui peuvent couper tous ceux que TAdministration désigne^ mais ne paient que ceux qu'ils enlèvent. Il en résulte des abus très graves pour la sylviculture.
Au nombre des Sociétés avant obtenu des concessions forestières, est la Société française dite des Marais d'Ada-Bazar (m. d'Ismidt) qui, moyennant l'exploitation des bois de cette région, devait effectuer le dessèchement de 4000 hectares de marais.
Jadis TAsie Mineure était couverte de forêts ; on n'en trouve plus aujourd'hui ayant quelque importance que sur le littoral de la mer Noire et de la mer de Marmara. Encore ces forêts tendent-elles aussi k disparaître.
Leur plus grand ennemi, c'est le défrichement. Le paysan, auquel une partie de forêt a été concédée, commence par abattre les gros arbres; il met le feu aux broussailles. Ce feu se communiquant à tout ce qui l'entoure dévore parfois des étendues considérables, dépassant de beaucoup la superficie dont on a besoin. Sur la terre ainsi préparée, le paysçm plante du maïs, et^
quand les racines des arbres sont pourries, des céréales.
La coupe des futaies et les coupes de bois pour le chauffage et pour la fabrication du charbon ne sont guère moins désastreuses. Tout se fait sans méthode et sans souci du lendemain. Lorsque Ton coupe une futaie, on ne sème ni on ne replante et Ton abandonne le taillis aux chèvres qui complètent la destruction.
Cette destruction est aujourd'hui sans remède immédiat dans certaines provinces comme celles de Bassorah, de Bagdad et de Bitlis qui, naguère encore, pouvaient subvenir à leur besoins et sont aujourd'hui obligées de s'approvisionner en Perse ou dans les Indes. Rhodes qui, il y a vingt ans, comptait 3oo kilomètres carrés de forêts, n'en a plus qu une soixantaine.
La disparition graduelle mais rapide des forêts est la menace de demain pour toutes les autres provinces, qui peuvent ainsi se trouver ruinées. Le régime forestier a, comme on le sait, une grande influence sur le régime des pluies qui cessent de tomber, lorsqu'aucun arbre ne les attire ; alors la terre se dessèche, durcit et devient improductive. La majeure partie des îles de TArchipel et certaines parties de TAsie Mineure doivent, à la disparition des forêts, d'être devenues de simples blocs rocailleux, toujours blancs sous un ciel implacable.
L'Administration a édicté des mesures très sages pour l'exploitation et pour la préservation des forêts ; les incendies notamment sont punis de peines très sévères, mais les coupables ne sont jamais recherchés et toutes les mesures sont, d'avance, lettre morte.
Quoi qu'il en soit, la Turquie d'Asie possède encore dans ses provinces du nord de réelles richesses, dont elle tire profit. Ce profit pourrait être plus grand, si la difficulté des transports ne limitait l'exploitation aux bords de la mer ou à la proximité des cours d'eau. Lorsque d'aventure on veut aller chercher du bois dans l'intérieur
du pays avec les chariots indigènes dits arabas^ il faut s'estimer très heureux si ces arabas peuvent éviter toutes les fondrières et arriver sans trop d'encombrés à destination, mais alors les prix augmentent et les bois ne trouvent plus acquéreurs. Le fret exagéré des voiliers qui chargent sur la côte paralyse également les transactions.
L'Administration des douanes françaises divise les bois en bois de construction, bois d'ébénisterie et bois de teinture. Cette division n'est pas exclusive, les bois peuvent figiirer dans deux catégories, tels le noyer.
Les essences les plus communes en Turquie d'Asie sont le pin, le hêtre, le chêne, le tilleul, l'aune, le noyer, le buis, l'orme, le frêne, le châtaignier, le saule, le cyprès, le platane, etc. Le chêne et le platane sont employés pour la charpente et pour la préparation du charbon de bois, le frêne et l'orme pour le charronnage, le hêtre pour le chauffage et pour la confection des chaussures indigènes dites galendjas, le châtaignier, le pin et le sapin pour la construction des navires, le tilleul et le noyer pour la menuiserie, le buis pour l'ébénisterie, le cyprès pour la confection des caisses destinées à conserver le linge, etc.
Parmi tous ces arbres, il convient de consacrer quelques lignes spéciales au noyer et au buis, qui sont l'objet d'un certain commerce d'exportation.
Il y a de grandes forêts de noyers dans toute la région de Trébizonde et dans le vilavet de Mamouret. Avec l'acajou et le palissandre, le noyer est le bois d'ébénisterie par excellence. Quand il est en bon état, il se présente avec une couleur jaune fauve et de belles veines brunes ou noires. Il est facile à travailler et susceptible de recevoir un très beau poli. En vieillissant, il prend une teinte rosée. Le noyer s'emploie rarement plein : il s'applique le plus souvent sur le corps de bois plus communs, tels que le chêne, le hêtre, le sapin, etc. Les
beaux arbres se font de plus en plus rares en Turquie, et déjà il faut aller les chercher assez loin dans Tinté rieur
Les racines de noyer fournissent des loupes qui offrent parfois des dessins d'une véritable richesse : rosaces, -fleurs, arabesques. Le vilayet de Mamouret en expédie annuellement pour 5o.ooo francs à Marseille.
Le buis est remarquable par sa pesanteur, la finesse de son grain et sa couleur d'un beau jaune. Il s'emploie en gravure, sculpture, lutherie, etc. Les meilleurs buis viennent du sud de la Russie, de l'Asie Mineure, de la Perse et de la région de l'Himalaya. Ils se vendent en bûches de 60 centimètres à i m. 20 de longueur sur 5 à 3o centimètres de diamètre, au prix de i5 à 70 francs les 100 kilogrammes.
Gomme le noyer, le buis se fait de plus en plus rare. Suivant une légende, on pouvait jadis cheminer dans le centre de l'Asie Mineure à l'ombre des buis ; on peut faire aujourd'hui plusieurs journées de marche, sans en rencontrer un seul. Il y a vingt-cinq ou trente ans, on a coupé presque tous ceux qui pouvaient avoir une valeur marchande ; on ne s'est pas suffisamment soucié de les remplacer : souvent on a laissé les chèvres brouter et abîmer les jeunes pousses. Aujourd'hui, il est difficile de trouver autre chose que des buis noueux ayant de 3 à 6 centimètres de diamètre. La Circassie et la Perse continuent, au contraire, à expédier des buis de plus grande dimension.
La Turquie produit également des bois et des plantes tinctoriales, telles que l'indigotier, la garance, la cochenille, la gaude, etc.^ jadis fort employées pour la préparation des tapis d'Anatolie, mais d'un usage moindre depuis l'introduction des couleurs d'aniline. Les bois de teinture viennent surtout d'Amérique; un produit propre à la Turquie est la graine jaune, dont nous verrons plus loin (teinture et tanins) la nature et Temploi.