‹ Le compagnon de voyage comedievaudeville en un acteChapitre 17 sur 36 · MADEMOISELLE DE ROCHEPLANNIN, HERMINE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANNIN, HERMINE

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Seules enfin ! je respire.

HERMINE

Bien sûr, ma tante, vous avez quelque chose.

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

J’ai... Qui pouvait s'attendre à cela ? En le voyant, j’ai douté de moi-même. Et ce Baleinier qui ne me prévient pa3Î

HERMINE

De quoi, ma tante?

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.**

• Mais j’ai eu tort de ne pas m’expliquer sur-le-champ, p’était bien plus simple... Je perds la têtel je perds la tête!

HERMINE

Est-ce que mes malles sont fermées ?

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Tes malles ! Il s’agit bien de malles à présent 1 II ne faut plus songer à ce voyage.

HERMINE

' Comment! mais c’est une chose décidée, ma tante, je dois partir, je pars avec co monsieur.

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Eli! malheureuse enfant, ce n’est point un monsieur I

Co n’est point un monsieur?

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN..

Non, c’est... ,

HERMINE

Mon Dieu!

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

C’est un jeune homme.

HERMINE

C'est vrai !

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Un jeune homme dans toute la force du terme... Il a trente ans au plus.

HERMINE

Je ne crois pas qu’il les ait.

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Et si tu faisais seulement deux lieues avec lui, tu serais perdue de réputation.

HERMINE

C’est vrai !

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Puis, il est charmant.

* Hermine, Mlle de Rocheplantin.

** Mlle de Rocheplantin, Hermine.

nERMINE.

C’est vrai 1

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Air: Vaudeville de Haine aux hommct.

Il a le teint clair, l’œil fort noir Et l’œillade fort assassine.

Les plus beaux traits qu’on puisse voir La main blanche, la taille fine.

Enfin, ma chère enfant, il a Tous les agréments en partage.

HERMINE

Ah ! ma tante, il est bien dommage Qu’il ait tous ces agréments-là.

Car vous ne pouvez concevoir combien il est bon, obligeant- ! Il ne devait point passer par Bruxelles, ce n’était pas son chemin, il renonçait à tout pour m’accompagner.

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Que me dis-tu? Mais c’est un monstre alors que ce jeune homme 1

HERMINE

Comment?

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Remercie, remercie le ciel d’avoir une tante qui veille sur toi, mon pauvre agneau ; tu te jetais dans la gueule du loup. J’y vois clair enfin ! il ne devait point passer par Bruxelles, il t’â vue, il a changé d’idée... Tu lui auras plu sans doute.

HERMINE

Vous croyez, matante?

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

J’en mettrais la main au feu. Et il aura pensé qu’en route, grâce à ton innocence...

HERMINE

Ah I mon Dieu 1

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Oh ! les hommes I les hommes ! Si tu les connaissais comme moi !

HERMINE

Ah 1 c’est affreux de penser cela.

MADEMOISELLE DE ROCHEPLANTIN.

Calme-toi. En apparence, il a voulu nous rendre service, nous devons lui en savoir gré.

HERMINE

Pour moi, je ne lui dois rien.

Il faut même l’en remercier, et voilà ce qui m’embarrasse... Je ne puis pas lui dire : vous êtes trop joli garçon pour que je vous confie rrîS nièce.

nERMINE.

Parlez-lui, moi je m’en vais.

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