‹ Le compagnon de voyage comedievaudeville en un acteChapitre 2 sur 36 · SCÈNE ï · texte numérisé non relu

SCÈNE ï

ANTÉNOR, seul, entrant par la droite.

Tout est prêt! me voilà en état do recevoir un prince. Mon erie a été nettoyée, mon garde-manger est C'en garni ; ait mettre des rideaux blancs à toutes mes fenêtres, môme mon étude. Maximilien peut arriver, il verra que, pour otaire de village, j'entends encore quelque cho^e au déco- . (il se regarde dans la glace.) Puis on a fait des frais de toi— ! J’ai eu cet habit-là en 1838, il est toujours neuf, mais Toinon le brosse trop fort, ça lui enlève son lustre. (S’asseyant à droite et prenant sur la table un cahier de papier.) Ah ! voici le contrat que mon clerc a copié, ce fameux contrat ! Il n’y manque rien que des noms, et si Maximilien voulait m’écouter celte année, s'il consentait à signer son bonheur avec... n’importe qui, ce serait le plus beau jour de ma vie de notaire. Mais liait i il me répondra comme toujours : Va-t-en au diable ! car il ne peut souffrir les contrats de mariage qu’il confond mal à propos avec ies contrats do vente. Ce cher enfant ! Nous sommes on ne peut moins frères sous ce rapport... Je pense, moi, que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, et s’il voulait me donner l’ exemple...

Air : Contentons-nous d’une simple bouteille. j’ai soixante ans, mais ma fortune est faite ; j’ai soixante 311s, mais je suis encor vert ;

J’ai soixante ans, mais un peu de toilette,

Un doigt de vin, j’ai vingt ans an dessert.

Mon œil est vif, ma jambe est eucor ronde,

Et, quand on a Iravailié comme moi Toute sa vie à marier le monde,

11 est permis de travailler pour soi !

Oui, quand on a marié tout te monde,

Il est permis de travailler pour soi !

Mais il faut que Maximilien commence. J’ai à lui offrir dix-huit partis, et...

Page 1