HERMINE, MAXIMILIEN
HERMINE
Ali! sauvez-moi, monsieur, sauvez-moi !
MAXIMILIEN
Vous sauver! de quoi?
HERMINE
Du mari qu’on veut me donner.
MAXIMILIEN
Il ne vous plaît donc pas ?
HERMINE
Ah! si vous saviez, monsieur! je ne l’épouserai jamais dV bord, et j’ai compté sur vous pour me protéger.
MAXIMILIEN
Vous avez eu raison de compter sur moi.*
HERMINE
C’est un jeune homme affreux, voyez-vous, et qui fait toujours des calembourgs. La voilure! c’est la voiture! non, je n'entends plus rien. Ecoutez-moi, monsieur, et jurez-moi de faire ce que je vous demanderai.
MAXIMILIEN
Je le jure.
* Maximilien, Hermine.
nERMINE.
Aucune considération ne vous arrêtera?
MAXIMILIEN
Aucune.
HERMINE
Vous acceptez d’avance toutes les conséquences de ma démarche?
MAXIMILIEN
Toutes sans exception.
HERMINE
Et vous ne craindrez pas le ressentiment do ma tante ?
MAXIMILIEN
Je ne crains rien. Mais c’est donc bien terrible ce que vous avez à me proposer?
HERMINE
Ohl c’est un parti désespéré. On ne m’a pas laissé le choix. Ecoutez. Il y a quelques instants nous devions partir ensemble, ma tante le voulait, c’était convenu. Tout.à-coup on change d’idée... pourquoi ? pour accomplir un ipariage qui ferait le malheur de ma vie. Èhl bien, qui nous empêche ae laisser les choses telles qu’elles étaient ce matin? Mes malles sont là, ma tante n’v est pas, la voiture arrive, nous partons, et, au premier relais, j écris à ma tante que j’aime mieux rester fille en Belgique que d’épouser ici un homme qui me déplaît. Répondez , monsieur, répondez bien vite. Que dites-vous de mon projet ?
MAXIMILIEN
Votre projet? Mais il me semble... un peu hardi.
HERMINE
La voiture 1 oh ! cette fois, c’est la voiture. Vous m’emmenez, n’est-ce pas ?
MAXIMILIEN
Mais...
HERMINE
Emmenez-moi, monsieur, emmenez-moi !
MAXIMILIEN
Avez-vou3 réfléchi à...
HERMINE
La voiture s’arrête devant la porte pour nous prendre. (mu« sique. — Le conducteur parait à la fenêtre du fond sur l’impériale de la voiture.)