A"^ANT-PROPOS
tiques. Le 20 février dernier encore, M. Laginja, député d'Istrie, disait en plein Reichsrat : « Le seul but de cette guerre était-il de punir la Serbie coupable ou peut-être innocente de l'assassinat de Sarajevo ? Je m'exprime ainsi avec intention, car la dernière page de l'histoire de cet horrible crime n'a pas encore été écrite. Il n'est pas impossible même de supposer que la main du jeune meurtrier de Sarajevo était dirigée par des forces invisibles autres que celles qui régnaient à Belgrade. »
Nous avons donc cru bon de suivre les conseils d'amis qui nous demandaient de reprendre, de condenser et de compléter l'étude que nous avons faite naguère sur ce drame obscur. Nous avons établi notre documentation soit sur des pièces officielles, soit' sur des articles de journaux austro-hongrois, émanant surtout du K. K. Korrespondenz Bureau, soit enfin sur les témoignages que nous avons pu recueillir en Autriche- Hongrie où nous étions encore — après un très long séjour — à la veille même de la guerre.
Nous n'avons certes pas la prétention de faire la pleine lumière sur cette affaire qui a fait couler tant de sang. Nous espérons cepen-