Sybel, Begründung, I
2, Ib., 235-6, 241. — Poschinger, Preussen im Bundeslag, IV, 266-88, . Poschinger, 0. c., II, 237, 291, 117, 119.
4, Debidour, Hist. diplom., II, 158.
se borna-t-elle à quelques démonstrations belliqueuses qui offensérent la Russie et éveillèrent la défiance de la Porte, etque les puissances occidentales observèrent avec soupçon ". » La guerre d'Orient marque ainsi la crise du système, le tournant du régime ; non point le commencement de la décadence — car elle avait commencé du premier jour — maïs le début du glissement rapide vers la catastrophe.
L'autorité de Bach reçut dans cette crise une irréparable atteinte. Non seulement la discorde qui règnait dans le gouvernement, la lutte que se livraient autour de l'empereur des influences contraires, éclata à tous les yeux, mais encore les déceptions du Congrès, suivant de si près les grands espoirs avec lesquels l'Autriche était entrée en campagne, montrèrent au public comme aux fonctionnaires la faiblesse intime, le vice caché du système. Ses adversaires prirent confiance et commencèrent en grand la guerre d'intrigues contre lui ; ses partisans le défendirent mollement ou l'abandonnèrent. C'est alors qu'éclate la lutte des organes du pouvoir l’un contre l’autre, que commence la course sans fin des projets de loi, éternellement renvoyés du Reichsrath au ministère, et du ministère au Reichsrath : des lois qui furent promulguées en 1859 et 1860 étaient entièrement prêtes en 1856, elles passèrent trois ans à faire ainsi la navette *. La lourde machine administrative était complètement arrêtée ; elle écrasait toujours de son poids le public, mais sans fournir désormais aucun travail. Tous ses rouages tournaient à vide, et il n’en sortait plus qu'une paperasserie fantastique.
L'armée souffrait du même mal. Depuis la guerre de Crimée, Grünne, le premier aide de camp, y étale sans cesse davantage son système, y établit chaque jour plus solidement sa coterie. Le système, c'est, transposé en militaire, celui de Bach : une masse de règlements, sans cesse modifiés, si nombreux, si instables et si compliqués qu'il est impossible de s'y reconnaître ; la domination d’une caste de bureaucrates militaires, surtout du corps des aides de camp, dont Grünne est le chef; la réunion, dans les territoires les plus étendus et les commandements les plus importants — Hongrie, Transylvanie, Croatie, Italie, sans compter naturellement les Confins — des pouvoirs suprêmes civils et militaires, au grand dommage de l’un et de l’autre service. La coterie, ce sont les