‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 132 sur 369 · Beer, Finanzen · texte numérisé non relu

Beer, Finanzen

LA RÉACTION (1849-1859) d 201

et point d'appui de tous les efforts d’unité nationale, il y avait incompatibilité ; les hommes d'État autrichiens le proclamaient hautement. La guerre était considérée depuis longtemps comme inévitable ; par suite, l'Autriche avait intérêt à être exactement renseignée sur les intentions de Napoléon IE. Mais l’aristocratique cour de Vienne avait voulu donner une leçon à l’empereur parvenu en lui envoyant un ambassadeur parvenu: Hübner se trouvait isolé à Paris, sans relations profitables, et envoyait les assurances les plus pacifiques, lorsque Napoléon préparait son foudroyant salut du 1° janvier 1859. Après ces paroles, nul doute que la guerre ne fût prochaine. L'Autriche y était résolue, mais élle l’envisageait, suivant sa funeste habitude, non pas seulement au point de vue de ses intérêts, mais aussi au point de vue des principes : elle voulait et croyait défendre l’ordre et la conservation sociale contre la Révolution. Elle comptait, dans cette illusion, sur des sympathies qui ne lui venaient pas; Buol cherchait des alliances, négociait à Berlin pour se faire couvrir par l'Allemagne et la Prusse, mais se heurtait aux rancunes de la Russie. Cependant l'empereur et son entourage militaire, pressés par la situation financière — car la monarchie ne pouvait pas soutenir sans se ruiner une longue mobilisation sans combat — et voulant profiter de ce que les Français n'étaient pas encore en Italie, envoyaient à Turin l’ultimatum qu'attendait impatiemment Cavour ; Buol n'en fut informé qu'après coup, et, naturellement, donna aussitôt sa démission ‘. Le moment favorable pour livrer bataille fut manqué par Gyulai, dont l’inexcusable inaction laissa aux Français le temps d'arriver. Après la première défaite, et tandis que l’empereur lui-même accourait à l’armée, la Prusse aurait été disposée à aider l'Autriche, contre certaines concessions, mais celle-ci, dans une complète méconnaissance de sa situation, continuait d'exiger tout sans vouloir rien accorder. Après Solférino, où seul Benedek, général étranger à la clique, sauva l'honneur des armes impériales, la Prusse, poussée par le sentiment populaire, n'hésitait plus. Mais la nouvelle des préliminaires de Villafranca surprit les négociateurs réunis à Berlin. Il avait fallu les signer, non que la défaite eût été décisive, mais parce que l'Autriche n'avait plus ni soldats ni argent. Le nombre des Autrichiens faits prisonniers avait été extrêmement élevé, et tous étaient Magyars, Croates ou Italiens ; on avait dû renvoyer du théâtre de la guerre un corps magyar peu sûr, une division croate incapable de se battre ; un

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