II $ 7. Marcezali, Enchiridion
4.,Son testament attribuait à Charles, au cas où il ne pourrait se maintenir dans aucune partie de la monarchie espagnole et où Joseph conserverait le trône impérial, le Tyrol et les possessions avancées de l’Autriche en Allemagne (situées surtout en Souabe).
5 Les Hongrois avaient été mécontents de l'initiative prise par les Croates ; ils ne virent pas avec plus de plaisir que le Pragmatique Sanction fût adoptée en Croatie eten Transylvanie avant de l’être en Hongrie. lls n’eurent pas de cesse que les Croates et les Transylvains n’eussent dû se reconnaître liés par la loi hongroise sur ce point, etoblinrent cette satisfaction à l'avènement de Marie-Thérèse.
L'ANCIEN RÉGIME o1
l'adoption de la Pragmatique Sanction dans chacun de ces deux groupes accuse la différence qui existe entre eux. Les Diètes allemandes-slaves se bornent à enregistrer la déclaration impériale, à lui donner en quelque sorte l'authenticité. Elles l'enregistrent sans difficulté, souvent même offrent à l'empereur plus qu'il ne leur demande. se reconnaissent envers lui des obligations qu'elles n'ont pas ‘. S'il confirme à cette occasion leurs droits et privilèges, il n'y a guère là qu'une clause de style ; en tout cas, c’est singulièrement abuser des mots que de comparer cet acte gracieux du souverain aux engagements qui lui sont imposés en Hongrie. Tandis que l'Autriche enregistre ainsi l’ordre de succession fixé par l’empereur, en Hongrie c’est une loi qui règle l'hérédité au trône. Cette loi est, comme toutes les lois hongroises, un traité entre le roi et la nation ; elle ne se distingue en rien des autres lois : la Diète, au contraire, a expressément et à dessein refusé de donner à l'adoption de la Pragmatique Sanction une forme plus solennelle, d'en faire un engagement extraordinaire vis à vis du roi ; elle a tenu à ce que la loi sur la succession figurât à sa place parmi les lois du pays *. Par là même, elle a pu, dans cette loi qui institue entre la Hongrie et les autres États de la dynastie un lien perpétuel, insérer la garantie formelle de l'indépendance constitutionnelle du royaume : le roi s’est engagé, pour lui et pour ses successeurs, à ne le gouverner que d’après son droit et sa Constitution. Engagement contre engagement: la situation, le passé, ses forces, permettaient à la Hongrie, et à elle seule parmi les États des Habsbourg, de poser ses conditions; elles les pose d'autant plus précises que l'établissement même de l'union dynastique perpétuelle peut sembler gros de menaces pour son indépendance. C’est une opinion dès lors admise en Hongrie que les deux engagements sont corrélatifs, que la Pragmatique Sanction est un traité bilatéral, que l'indépendance de la Hongrie est la condition même de l'unité de la monarchie *.
Ces réserves mèmes et ces précautions, et toute l'attitude, au cours de cette affaire, des dignitaires hongrois et de la Diète, montrent que la Hongrie avait la conscience nette de la transformation qu'allait opérer dans sa propre condition l'établissement définitif de la monarchie autrichienne — c’est à ce moment que ce nom apparaît pour désigner l’ensemble des États des Habs-
4. Ainsi les Élats de Bohème. Kalousek, 0. c.. 238 sqq. 2. Marezali, Enchiridion, 679.