‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 85 sur 369 · Marczali, À legüj. kor tort · texte numérisé non relu

Marczali, À legüj. kor tort

2. Beer, Kübeck uw. Metternich, 39. Marczali, À legüÿ. kor tort. T8. 3. Marezali, À legüj. kor tort., 713.

de l’armée un vrai général, la cour lui assura en même temps l'appui d’un corps russe. Depuis longtemps, le tsar avait offert à l'Autriche de l'aider contre la Révolution. Il s'y jugeait tenu par l'intérêt commun de tous les souverains légitimes et par la promesse qu'il avait faite à François IT dans l’entrevue de Münchengrätz'. Après la prise de Prague, après celle de Vienne, ses propositions étaient devenues plus précises. En janvier 1849, un corps russe avait été appelé de Valachie au secours de l’armée autrichienne qui opérait en Transylvanie, pour partager bientôt sa défaite. Les deux gouvernements s'étaient efforcés d'enlever à cette collaboration l'air d’une intervention ; car Schwarzenberg ne se faisait pas d’illusion sur les conséquences d’une intervention pour la monarchie. Aux instances de Windischgrätz, qui’ poussait à l’accepter, il répondait que ce serait une ressource dangereuse, que de très graves raisons politiques s'y opposaient, que cela discréditerait la monarchie ; mais, le succès n'ayant pas répondu à l'audace de sa politique, il ne lui resta qu'à accepter cette humiliation. Le 1°* mai 18/49, le journal officiel de Vienne annonça « que l’empereur d'Autriche s'était trouvé conduit à faire appel au secours de la Russie, et que l’empereur Nicolas le lui avait aussitôt promis, avec la plus noble complaisance et dans la plus large: mesure ». Nicolas satisfaisait ainsi sa passion antirévolutionnaire ; il vengeait des injures personnelles, en combattant une insurrection où s'étaient mêlés les Polonais, et dont l'incendie menacait de s'étendre à la Pologne autrichienne et russe : enfin, il ne lui déplaisait pas de se montrer à l'Europe, et particulièrement à l'Orient et à tous les Slaves orthodoxes, comme le protecteur de l'Autriche : toute sa conduite en cette affaire dénote cette arrièrepensée *. — Schwarzenberg ne s'était pas trompé en nommant l'intervention € un moyen extrème, et en tout cas déplorable » *. En jetant aux Habsbourg le défi de la déclaration d'indépendance, Kossuth avait escompté la victoire des Italiens et l'isolement de l'Autriche. Mais les Italiens avaient été battus, et l'Autriche avait trouvé un allié ; la défaite de la Hongrie était désormais certaine. Elle s’assombrit encore de dissensions intestines : Gürgei, général en chef et ministre de la guerre, impérieux et jaloux, militaire dans l'âme, haïssait Kossuth, méprisait ses armées improvisées, avait blâämé la déclaration d'indépendance ; entre les autres minis-

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