CHAPITRE V
Si ladministration est rudimentaire, le comte n'en est pas moins, dans ses états, un chef respecté et plein de force. Il a pour lui non seulement la tradition carolingienne, mais, en outre, sur les autres seigneurs du comté, une supériorité de fait considérable, parce qu'il est le plus grand possesseur et, par suite, le suprême dispensateur de fiefs. Qu'on passe en revue les principaux d'entre les fiefs angevins, et Ton verra que c'est lui qui les distribue: BrioUay au père du trésorier Bouchard, Montrevault à son fidèle Etienne, Montreuil-Bellay à Bellay l^^, Mateflon au père de Foulque 1°"^, Durtal à Hubert le Rasoir*.
Ces vassaux, qui lui doivent tout, restent à sa merci : car les concessions de terres sont encore essentiellement précaires et révocables. Au moindre désaccord avec le comte, le vassal risque de voir son fief confisqué. Ainsi, pour une cause ou pour une autre, Orri de Champtoceaux mécontente Geoffroi Martel: celui-ci le dépouille de ses domaines et en dispose en maître absolu au profit d'un autre de ses vassaux, Thibaud de Jarzé ^ ; Suhard de Craon, accusé de forfaiture, subit le même sort et voit ses biens attribués