‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 141 sur 168 · ACTE V, SCÈNE II. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II. i

est dans les fers de Charles; il mourra captif, captif de celui auquel il n’aurait pas daigné tendre la main; il mange le pain du perfide qui l’a offensé; qui l'a acheté; et c'est en vain'que, du fond de l’abîme où la trahison l’a précipité , il invoque mon secours ; je ne puis rien pour lui. Brescia est tombée ; Baude, mon généreux Baude en a ouvert les portes, contraint aussi lui par ceux qui ne veulent pas mourir. C'est donc toi , chère Hermangarde, qui as été la plus heureuse «de nous? O temps! è: maison de Didier, où l'on porte envie à. ceux qui sont morts de douleur! Cependant Yinsolent vainqueur s’avance ; il va paraître, et me sommer de couronner son triomphe; et ce: sont: ceux qui ne veulent pas combattre qui vont lui répondre ; qui vont me presser... Ah !ic’en est trop.à la fois. Jusqu'à présent ‘du mdins, s'il n'y avait plus riéri à es» pérer, il y avait encore quelque chose à faire; chaque jour-avait son lendemain ,:et chaque nécessité son parti; et maintenant... Mais quoi:} maintenant? Si je. n'ai pw donner du cœur aux lâches, les . liches peuvent-ils empéeher.:leb hommes courageux de périr avec gloire ?.Etil'en existé encore des: hommes de eeurage «oui, je trouverdi des; compagnons dévoués) qui me:suivront si je leur dis : « Précipitons:nous sur l’en-

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»nemi; montrons qu'il n'est pas vrai que les »Lombards préfèrent la vie à tout ; mourons, si »nous ne pouvons autre chose. » Mais à quoi pen- $é-j6 ? pourquoi entraîner dans ma ruina le peu qui reste à cette malheureuse contrée d'hommes dignes de vivre? Si je n'ai plus rien à faire au monde , né puis-je pas an sortir seul ? Ah! voilà enfin une idée où mon âme se repose, et qui me:charme comme l’arrivée d'un ami dent l’aspect annonte d'avañce une heureuse nouvelle.

Oui ; j'échappéraï à cette foule ignominieuse qui me presse ; je ne-werrai pas le rire iisultant de mon ennemi, 'et je jetterai doin de smpi ce far- ‘ deau de doutes, d'indignation et de pitÿé qui m'aceable.... Une épée, une main:sère, et en ua: moment tout est fini... Teut est fini? Ah! malheureux, pourquoi te mentir: à toi-même ?

Quoi ! le bourdonnement de quelques viles créatures te confond ; à la seule idée de.comparaître devant un vainqueur, toute ta force s’évanouit ; la sauffrance d'une heure te met ayx abois, te fait crier : c’ervest trop ; et tu pourrais affronter Dieus:tu oserais lui dire + « Je viens avant d’être » rappôlé par toi : le poste: où tu-m'avais placé était » trop. pénible; je l'ai abandonné. Quoi! je laisserais pour.dermier souvenir à mon pèreile seuvenir d'un acte. de fureur! je lui léguerais l'exemple

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