ACTE I, SCENE II
donc il n’aurait plus d’adversaires que vous, et serait le maître de délibérer à loisir sur l’instant et les moyens de vous abattre à votre tour. L’emportement qui double la force du brave injustement assailli, le duc ne l’éprouve que dans la bonne fortune. Impatient et fougueux là où il s’agit d'un gain assuré , mais lâche dans les hasards, il ne veut de la guerre que le butin; et, tandis que l’on combat pour lui, caché dans ses forteresses ou dans ses maisons de plaisance, il passe le temps à discourir de chasse et de banquets , ou à questionner en pâlissant les devins. Le moment est venu de ÿaincre un tel homme; sénateurs, saisissez-le : ici l’audace est pru-
dence. | LE DOGE. I
Comte, le sénat va délibérèr sur votre avis.
Qu'il le suive ou non, il vous en remercie , et y voit une preuve de votre zèle pour nos intérêts
autant que de votre sagesse.
( Le comte se retire.)