‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 21 sur 168 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

( Maison du comte. )

Ou fugitif, ou chef d'armée; outraîner, comme un vieux guerrier, des jours oiseux , réduit à ma gloire passée , toujours dans l'attitude de solliciter ou de remercier, soutenu par un bras étranger qui peut à chaque instant se lasser et se retirer de moi, ou reparaître dans les camps, me sentir vivre encore, saluer de nouveau ma fortune, me réveiller aux éclats de la trompette, commander: voilà de quoi décide, pour moi, le moment actuel!... Et si Venise demeure en paix; resterai-je pour cela caché dans cet asile, comme l’homicide dans le temple ? Qui fit le destin d'un état ne pourra-t-il faire le sien ? Quoi! dans cette Italie

si morcelée, parmi tant de princes toujours en guerre entre eux , il ne s'en trouvera pas un qui ose convoiter cette couronne que j'ai arrachée des mains à dix tyrans, pour la poser sur le front déshonoré de Philippe! pas un qui comprenne que tout mon désir est aujourd'hui de l'ôter à l’ingrat, pour l'offrir au premier qui voudra la recevoir de moi... | |

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