MARCO, MARINO
MARCO
Me voici; je me rends à l'ordre des nobles chefs du conseil des Dix.
MARINO
J'ai quelque chose à vous annoncer de leur part. On a jeté les yeux sur vous pour vous envoyer au loin remplir une commission importante. Si ce choix est une marque de confiance... - ‘ que votre conscience vous le dise.
MARCO
Ma conscience me dit que la patrie doit mettre peu de confiance en ma capacité, mais qu’elle peut compter pleinement sur mon zèle et sur ma fidélité. i |
| MARINO
La patrie, dites-vous? Il est doux de nommer la patrie, quand on l’aime par-dessus toute chose, quand on peut dire que l'on vit pour la'servir ;
Vai
mais celui-là doit frémir de parler d’elle, qui reste l’ami de ses ennemis.
MAR CO
Est-ce à moi que....
MARINO
Pour qui avez-vous parlé ce matin au sénat ?
Était-ce pour la patrie ? Était-ce pour elle que vous étiez inquiet, contre ses ennemis que vous étiez indigné ? De quoi enfin étiez-vous si ému ? De son péril , ou du péril de qui? Qui avez-vous osé et vous seul osé défendre ?
MARCO
Je sais devant qui je suis, et que ma vie est en votre pouvoir; mais mon vote est à moi, et n’a d'autre censeur légitime que ma conscience : si elle l’approuve, il ne peut être coupable. ‘ Toutefois je ne refuse point d’en rendre compte.
MARINO
La tâche de veiller à la sûreté de la patrie , le soin d’écarter tout ce qui lui porte ombrage , tout ce qui traverse ses glorieux projets , nous ont été confiés ,:et nous avons dû vous citer devant nous. Si vous ignorez ou s’il vous convient de paraître ignorer pourquoi, apprenez-le de ma bouche.
Je ne remônterai point dans votre conduite aussi haut que je le pourrais ; je vous parlerai seulement de ce que'vous avez fait aujourd'hui : de