‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 77 sur 168 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Il n’est pas besoin d’être versé dans l’histoire du moyen âge pour savoir qu’en Italie, aussi-bien que dans les Gaules, les peuples conquis portaient le nom de Romains; et il était en effet bien naturel, pour leurs conquérans, de les distinguer par le nom du gouvernement sur lequel ils les avaient conquis. Ce nom, devenu nécessaire pour distinguer les anciens habitans des nouveaux venus, resta donc aux premiers dans les lois et dans les chroniques. Dans cette tragé-

1 Assidueexercebatur equitando ac venando, quod illi gentilitiumerat. Eginh, Vit. Car. xxn.

2 Rer. franc. script. v. p. 388.

3 Delectabatur etiam vaporibus aquarum naturaliter calentium.... Ob hoc etiam Aquisgrani regiam cœtruæit. Eginh. Car. Vit. xxu.

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die , les noms de Romain, de Latin et d’Italien sont employés indifféremment, pour désigner les anciens habitans de cette portion de l’Italie envahie par les Lombards.

Quant au mot fidèle, qui revient fréquemment dans la pièce, il y est toujours ernployé dans le sens qu'il avait au moyen âge, et qu’il a tout-à-fait perdu dans la langue usuelle moderne. Dans celle-ci, quand on l’applique aux relations politiques, il sigàifie l'homme qui garde la foi promise ; au moyen âge, c’était le titre de l'homme qui avait engagé sa foi, de quelque manière qu'il la gardât ensuite. N'ayant pas trouvé de mot qui pot être convenablement substitué à celui-là, tout ce que j’ai pu faire, pour éviter l’équivoque, a été d’écrire le mot Fidèle avec une initiale capitale là où il est pris dans son acception historique. Le mot drudo en italien, en frangais drut, qui avait d’abord la même valeur que Fidèle, et qui est évidemment d’origine germanique , ferait encore un plus mauvais effet que celui-ci, ayant été restreint à une signification bien plus exclusive encore. En français , le fidelis des temps barbares s’est changé en féal, et a persisté. Les causes de la fortune diverse de ce même mot , dans les deux langues, se trouveraient dans l’histoire des deux peuples; et sur ce point, comme sur tant d’autres, il serait difficile de dire lequel des deux a de quoi porter envie à J’autre. C’est à force de larmes et de sang que les Français ont conservé dans leur langue le mot dont il s’agit; c’est à force de larmes et de sang que les Italiens l'ont banni de la leur.

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