ACTE I, SCENE V
» pays dont le glorieux Pepin a fait don au prince » des apòtres? »
DIDIER
Lombards , apprenez de moi et attestez à tout notre peuple que si j'ai rècu ici l'ambassadeur de celui dont vous venez d'entendre et dont je ne veux pas prononcer le nom, que si j'ai écouté sa proposition, je ne me suis fait cette violence que pour ne pas manquer au devoir sacré d’un roi. Toi, étranger, écoute-moi maintenant: ce que tu demandes est grave; ce n'est pas moins que le secret de deux rois. Or nos secrets, nous avons coutume de les confier aux hommes éminens de notre peuple, à ceux dont nous espérons d’utiles conseils , à ceux enfin que tu vois ici autour de nous ; aux étrangers, jamais. Ainsi donc, la seule réponse qu’il convienne de faire à ta demande, c’est de n’en faire aucune. ‘
ALBIN
Et répondre ainsi, c’est vouloir la guerre : je vous la déclare donc au nom de Charles, à vous, Didier et Adelghis, qui avez porté la main sur l’héritage de Dieu et contristé son apôtre. Mon roi ne descendra point ici en ennemi du peuple illustre des Lombards ; mais, champion de Dieu élu par Dieu même, il lui a dévoué son bras, et frappera malgré lui quiconque s'offrira’ à
186 ADELGHIS.
ses coups comme complice de votre iniquité.
Retourne à ton roi : dépouille-toi de ce manteau qui fait ton audace, prends une lance et reviens ; tu verras alors si Dieu choisit des pervers pour ses champions. Mes Fidèles, répondez vous-mêmes à cet étranger.