‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 93 sur 168 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

(Maison de Sivart. ) SIVART.

Un ambassadeur frank! Je ne sais quoi de nouveau, mais quelque chose de nouveau est sur le point d’éclater. Serait-il enfin venu le moment après lequel j'ai tant soupiré ? Mon nom est enseveli, sous mille autres noms, au fond d’une urne, où il restera tant que l’urne ne sera point agitée : y restera-t-il, et mourrai-je dans mon obscurité sans que personne sache du moins combien je brûlai d’en sortir? Je ne suis rien, non, rien; et si des hommes puissans, de ces hommes auxquels il est permis de s’attaquer aux rois, daignent de temps à autre s’assembler sous ce toit, s'ils ne me cachent pas leurs secrets, c'est précisément parce que je ne suis rien. Car qui songe à Sivart? Qui s'inquiète de savoir à quels hommes s'ouvre la porte de ma demeure ? Qui me craint , qui me hait? Ah! superbes ducs, chefs insolens des Lombards, si l’audace donnait les honneurs, si le sort n’avait pas décidé une fois pour toutes, s’il était temps encore de disputer le pouvoir par le glaive, nous verrions qui de nous en jouirait. Et s'il appartenait au plus habile!... Je lis au fond de tous

Page 1