‹ Le comte de Clermont (volume 2)Chapitre 29 sur 51 · PLAN D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

PLAN D'ENSEMBLE

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V après divers documents et principaJeroem d'après it ^r and plan de Roussd.modiSé à!a£n du XVnr- Siècle.

APPENDICE A iSy

il est orné de treillages, de compartiments en broderie et de bosquets dans le goût du temps.

Tout cela est simple pour un prince, plus simple même que les nombreuses folies édifiées dans ce quartier par des financiers ; aussi le comte de Clermont n'a-t-il pas fait construire cette maison de plaisance, il l'a achetée telle quelle et s'est contenté de la rajeunir par quelques embellissements.

Cet hôtel avait été bâti en 1708, par l'architecte Dulin, pour Dunoyer, intéressé dans les vivres, et plus tard premier greffier du parlement. Comme jadis la maison de Renard, aux Tuileries, la maison du complaisant Dunoyer servait parfois aux rendez-vous galants des personnes qualifiées ; c'est là que le 10 juin 1721, le Régent triompha des fragiles scrupules de y[mt d'Averne. « Le soir, dit Mathieu Marais, les deux amants se sont trouvés à la Roquette, dans la maison de Dunoyer, qui était autrefois dans les vivres, et on y a passé une partie de la nuit. Le lendemain le Régent dit à ses amis : Je suis arrivé. »

Dunoyer légua sa maison, par testament, aux enfants de son frère. Sa nièce, la baronne de Winterfeld, la loua à l'illustre savant M. de Réaumur, qui l'occupait encore en 1752. Nous connaissons de longue date cette respectable dame : réfugiée à La Haye avec sa mère en 171 3, elle devint la maîtresse d'un petit attaché d'ambassade bien obscur, bien ignoré alors, et qui remplit aujourd'hui l'Europe de son nom. Vous souvient-il, séduisante Pimpette, de cet heureux temps où vous endossiez bravement l'habit de cavalier pour tromper la vigilance du Cerbère de l'ambassade de France et venir passer une heure en tête-à-tête avec votre amant .? Le monde vous nommait alors Olympe Dunoyer, et le jeune Arouet vous appelait tendrement mon cher cœur, en commençant son apprentissage diplomatique par corrompre, pour vous faire parvenir ses lettres, deux valets et un cordonnier.

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Mais ce n'est pas en quaiité de fille mal gardée, c'est seulement à titre de propriétaire que M"^^ de Winterfeld a droit de nous occuper ici. M. de Réaumur, devenu son locataire, établit dans les huit pièces du premier étage de l'hôtel son riche musée d'histoire naturelle, libéralement ouvert au public studieux; il organisa, dans les jardins et dans les basses-cours, des serres pour les plantes exotiques, des laboratoires, des ateliers, des appareils pour l'incubation artificielle; enfin il s'installa pour le mieux afin de poursuivre, dans ce quartier retiré, à l'abri des visites indiscrètes, les études et les découvertes qui ont immortalisé son nom.

C'est en cet état que le comte de Clermont trouva la maison de Dunoyer en 1753, lorsqu'il chercha, loin des regards jaloux, une retraite plus discrète que le palais de l'Abbaye, moins resserrée et moins en vue que l'hôtel de la rue de Richelieu. Il y avait peu de changements à faire pour approprier cette demeure à sa nouvelle destination; il suffisait de remettre les choses dans leur ancien état. La salle de spectacle s'éleva sur l'emplacement des laboratoires, les cabinets d'étude redevinrent des boudoirs coquets, le microcosme empaillé de la galerie zoologique céda la place à un petit monde bien vivant, bien sémillant, amoureux d'histoire naturelle à sa manière, mais bornant volontiers son étude à l'anthropologie comparée.

Nous savons comment le comte de Clermont passait son temps dans cette joyeuse succursale de Berny. Nous l'avons vu, devenu vieux et podagre, congédier la troupe folâtre des Jeux et des Ris pour appeler à son foyer purifié le bataillon sacré des chérubins de sacristie. Nous avons signalé l'hôtel de Son Altesse (car il n'est plus question alors de petite-maison) comme le Jeu de Paume où s'organisa l'opposition des Princes contre le chancelier. Enfin nous avons assisté à la mort édifiante de Louis de Bourbon sur cet ancien théâtre de sa vie mondaine, et nous avons suivi le cortège funèbre qui, franchissant la porte

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de la rue de la Roquette, vint déposer à Montmorency, dans la sépulture de famille des Condés , la dépouille mortelle du Prince.

Il nous reste maintenant peu de choses à ajouter. Après la mort du comte de Clermont, son hôtel fut acheté par le marquis de Montalembert, maréchal de camp, lieutenant-général des provinces de Saintonge et Angoumois, sous-lieutenant de la compagnie des chevau-légers de la garde et membre associé de l'Académie des sciences. Cette maison a toujours conservé depuis lors le nom d'hôtel de Montalembert. Après la Révolution, l'industrie s'empara de ses bâtiments et de son vaste jardin ; cependant le corps de logis principal s'était conservé jusqu'à ces derniers temps. En 1847, MM. Outrebon et Langronne, propriétaires du terrain, ouvrirent sur cet emplacement entièrement déblayé F Avenue de laRo^juette, passage public aboutissant à la rue de Charonne ; lequel passage est menacé de disparaître à son tour pour la régularisation des abords de la place du Prince-Eugène.

Déjà il ne reste plus trace de la petite-maison du comte de Clermont; il sera bientôt impossible de reconnaître même la place où elle s'élevait.

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