‹ Le comte de Clermont, sa cour et ses maîtresses: lettres familières, recherches et documents inéditsChapitre 25 sur 50 · LES PORTRAITS DU COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

LES PORTRAITS DU COMTE DE CLERMONT

Maintenant que le rideau vient de tomber sur ce tableau, final des obsèques, qui malheureusement ne ressemble guère à une apothéose, il nous reste à vous présenter l'acteur qui vient de jouer le rôle principal dans cette pièce héroï-comique. Nous connaissons assez le personnage pour nous intéresser à sa toufnure et à l'air de son visage; interrogeons donc les portraits et voyons s'il avait bien ce que l'on appelle au théâtre le physique de son emploi.

Les portraits à la plume sont rares; le comte de Qermont ne figure pas, malheureusement, dans la merveilleuse galerie de Saint-Simon, qui ne le connut que trop jeune ; nous en sommes réduits à extraire des Mimoires secrets pour servir à Phistoire de la cour de Perse (généralement attribués à M"« de Vieux- Maisons) la pâle esquisse suivante, qui se rapporte à l'année 1745. Encore devons-nous protester contre les reproches d'inconstance et d'esprit borné que démentent suffisamment une liaison continue de trente ans et le titre de membre de l'Académie française.

— « Miram était beau, d'une tailleun peu épaisse,

Le premier (n? 2996 du catalogue) faisait partie de la collection de l'Académie française. Il a été exécuté, par conséquent, vers 1754, date de la réception du Prince. C'est une très-médiocre peinture. Le comte est représenté en buste, la tête découverte, portant par-dessus sa cuirasse une espèce de surtout à la polonaise, de velours ponceau, fourré de martre.

Le second (n^ 3760) est un très-beau portrait en pied de grandeur naturelle, peint par H. Drouais, en 1 77 1 , dans la dernière année de la vie du Prince, au moment même oti son attitude anti-Mat^eou réveillait en sa faveur l'attention du public. Aussi cette belle peinture, exposée immédiatement après la mort du héros y fit-elle sensation au salon de 1771, à côté du portrait de M"* Du Barry en Muse.

Si vous vous êtes figuré le comte de Qermont avec le type bourbonien, l'attitude hautaine, lamine fièreet même tant soit peu brutale des Condés, vous aurez peine à le reconnaître dans cet excellent vieux à mine débonnaire, à Tallure pesante, à l'encolure épaisse, qui s'avance d'un pas mesuré, appuyé sur sa haute canne à pomme d'or et tenant de la main gauche, relevée sur la hanche, son ample chapeau galonné ; c'est ce type à la fois bonasse et

Page 1