LE CHATEAU DE BERNY
La terre de Berny^ annexe de Fresne-Iès-Rungis, est située à deux iieues de Paris, sur la route d'Orléans, dans une riante vallée arrosée par la Bièvre.
Au XVIe siècle, Ambroise Regnault, dame de Bemy, par son mariage avec Pierre Brulart, conseiller au Parlement, mort en 1541, apporta cette seigneurie dans la maison de Brulart, d'où sont issues les familles de Sillery et de Genlis. Leur fils, Pierre Brulart, président aux Enquêtes, ayant épousé Marie Cauchon, joignit à la seigneurie de Bemy celles de Sillery et de Puysieux, que sa femme apportait en dot. Il mourut en 1584, et Bemy, possédé d'abord par son quatrième fils Mathieu Bmlart, revint ensuite à l'atné, Nicolas Bmlart, marquis de Sillery, seigneur de Puysieux, connu par ses négociations diplomatiques, signataire du traité de Vervins en 1 599, garde des sceaux et chancelier de France sous Henri IV et Louis XIII ; lequel moumt fort Âgé en 1624.
Est-ce le chancelier de Sillery ou son fiîs Pierre Brulart , vicomte de Puysieux, qui fit bâtir le château neuf de Bemy ? La question est restée indécise, mais ce qui est certain et ce qu'il importait davantage de savoir, c'est qu'il fut constmît par François Mansart, le plus national, le plus fécond et le mieux inspiré des architectes qui couvrirent à cette époque la France entière d'édifices admirables, presque tous renversés aujourd'hui ; perte immense pour l'art et dont nous ne pourrions pas même soupçonner l'importance, si les recueils topographiques de Marot,deSiIvestre et des Pérelle, ne venaient pour ainsi dire nous en signifier le bilan.
APPENDICE A l6l
Après le vicomte de Puysieux, ce domaine sortit* de la maison de Brulart. Le Mercure de 1676, à propos du séjour que firent à Berny les ambassadeurs siamois , dit qu'il appartint ensuite à M. de Lyonne. Piganiol de la Force le fait passer d'abord au chancelier de Bellièvre (mort en 1607). Il y a anachronisme évident. L'abbé Lebeuf, contre son ordinaire, embrouille la question au lieu de l'éclaircir. N'est-ce pas plutôt de Nicolas de Bellièvre, fils du chancelier, qu'il s'agit ? Celui-ci ayant épousé Claude Brulart, fille du chancelier de Sillery, la transmission s'expliquerait tout naturellement par une transaction de famille.
En tout cas, le château de Berny appartenait à leur fils Pomponne de Bellièvre, II"»» du nom, premier Président au Parlement, quand Silvestre en dessina les vues; avant 1657 par conséquent, puisque le Président mourut cette année-là sans laisser de postérité. C'est alors sans doute que M. de Lyonne, plus tard ministre d'Etat, en devint acquéreur, car il se qualifiait marquis de Fresne et seigneur de Berny. Il mourut en
Cette terre étant à vendre «n décret vers 1686, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés l'acheta avec le prix de terrains cédés au roi pour l'agrandissement du parc de Versailles, et Berny devint depuis lors la maison des champs des abbés de Saint- Germain. Le comte de Clermont, qui s'y plaisait particulièrement, l'habitait la plus grande partie de l'année. Il oe faut pas croire cependant, avec M. Castil-Blaze, que le Prince y vivait en communauté avec ses moines, auxquels il donnait la comédie; et que M^" Le Duc présidait au réfectoire (i). Berny, rési-
pour Pébattement de ses mornes. Des festins somptueux V au réfectoire, et W^^ Le Duc en faisait les honneurs. » (Histoire de VAcadimie royale de musique^ I , 153.)
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dence personnelle du seigneur abbé, n'avait pas plus de réfectoire que de cloître; les bénédictins en jouissaient exclusivement en la personne de leur Supérieur, et ne s'y présentaient, ainsi qu'à Th^tel de la rue de Richelieu, que par députation et pour les affaires de Tabbaye.
Le château de Berny, sous le comte de Clermont, avait déjà perdu quelque peu de son lustre primitif. Voici la description qu'en donne Dargenville dans son Voyage pittoresque des envi-rons de Paris (édition de 1757).