‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 121 sur 378 · Mandements... 1, 105. — Cf. Margry, I, 18 ss · texte numérisé non relu

Mandements... 1, 105. — Cf. Margry, I, 18 ss

4. Ar. col., M. S. M., IV. — Voir aus"si La Tour, 199 ss. — Gosselin, II, 99.

Récollets 11 'auraient-ils pas eu raison au Canada? Présentée ainsi, la question essentielle apparaît, toujours la même : quels seront les maîtres du Canada? Les Récollets se seraient volontiers associés à l'oeuvre du pouvoir civil ; c'était, en effet, pour eux, le seul moyen de s'établir en face d'un clergé puissant par une possession déjà ancienne et très jaloux de son autorité; d'autre part, l'évéque. le séminaire, les Jésuites s'unissaient pour la résistance; l'évêque consentait bien à fixer quelques cures, lorsque les habitants s'y prêtaient ; mais l'abbé La Tour, qui voudrait prouver sa bonne volonté d'obéir aux ordres de la Cour, avoue lui-même que « ce petit nombre de fixations étaient faites, ce semble, pour amuser le roi * ». Les Récollets se présentaient-ils? On alléguait contre eux la pauvreté des peuples, qui ne pourraient les entretenir sans diminuer leurs subventions aux prêtres déjà établis; on leur suscitait mille difficultés -; pourtant ces religieux, en cherchant à multiplier leurs fondations, imitaient la conduite de leurs rivaux, les Jésuites.

Seuls, au Canada, les Sulpiciens de Montréal avaient le goût d'une existence médiocre, digne et toujours égale^. Frontenac leur rend justice, ainsi qu'aux Récollets, dans sa lettre au ministre pour 1681 ^. Il est curieux d'observer l'attitude du séminaire de Québec vis-à-vis de cette compagnie. Lorsque Laval était revenu dans la Nouvelle-France, en 1675, il avait tenté d'affilier les Sulpiciens, comme les prêtres de son séminaire, à la Société des Missions Étrangères de Paris; l'abbé Tronson, supérieur général de Saint-Sulpice, ne se laissa point persuader : son ordre n'avait pas le même caractère, ne se proposait pas le même objet que les Missions Etrangères; au lieu de conclure une union, dans laquelle les moins forts auraient aliéné leur liberté, mieux valait conserver, avec une mutuelle indépendance, des rapports de collaboration spontanée et de bon voisinage *. C'est ce qui eut lieu; mais on peut voir par la correspondance de l'abbé Dudouyt ^ que l'évêque redoutait autant les Sulpiciens que les Récollets. Frontenac, au début, avait eu quelques difficultés avec les Sulpiciens;

Page 1