‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 176 sur 378 · Margrv, I · texte numérisé non relu

Margrv, I

2. Jug. du C. S., II, 324, 417. — Margry, I, 425 ss. ; II, 27.

services et se montrer son digne collaborateur; il emmenait encore un pilote, des matelots, des ouvriers, en tout une trentaine de personnes, avec des armes, des munitions et les agrès nécessaires à la construction de quelques barques; à la fin de septembre, la petite troupe était à Québec, d'où La Salle dirigea sans tarder sur le fort Frontenac ses hommes et ses provisions. Lui-même, ayant achevé ses derniers préparatifs, les suivit bientôt; dès la fin de Tannée 1678, il allait développer son domaine à l'ouest, en jetant les fondations du fort Niagara '. Les premiers mois de 1679 furent activement employés : tandis qu'une équipe élevait le nouveau poste et construisait une barque audessus des chutes, une autre avec 7 à 8000 livres de marchandises était partie pour les Illinois, afin de « commencer à établir une bonne correspondance avec ces sauvages, et de préparer les vivres et autres choses nécessaires pour la continuation de la découverte ». La Salle en personne, avec Tonty, traça le plan du fort Niagara, et lui donna le nom du prince de Conti, dont la protection à la Cour lui avait été fort utile; il lui fallut envoyer un ambassadeur, de La Motte, aux Iroquois, « dont ses ennemis s'efforçaient de troubler l'esprit ». On peut en croire Tonty ^ qui est peu médisant autant que brave.

Malgré les oppositions de ses adversaires, La Salle était bien résolu à s'établir chez les Illinois; mais il fallait, pour y réussir, user d'une extrême prudence, car les relations entre Illinois et Iroquois n'étaient pas fort cordiales, et des avis intéressés pouvaient persuader à ces derniers que La Salle voulait simplement fournir leurs voisins « d'armes et de haches », pour les décider à la guerre. Il est notable que, lorsque l'on put être informé chez les Illinois qu'une expédition française était proche, le P. Allouez, missionnaire de ces sauvages, se retira chez les Miamis. La Salle aurait même, en arrêtant un messager de cette nation, acquis la preuve que les Jésuites cherchaient à brouiller les affaires entre Iroquois et Illinois pour lui rendre la tâche impossible et démontrer le danger pour la paix générale du succès de son établissement; il se fait, écrit La Salle à un ami, des pratiques

1. Relation des voyages de La Salle, 1679-Sl; c'est probablement le document officiel adressé au ministre. Margry, I, 435 ss.

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