Ici., C. G. Can., VI
habits au séminaire, et « ne vivront jamais en leur particulier à moins qu'on ne les traite comme de bons chanoines '. »
Les Récollets avaient reçu du roi, dans la haute ville, tout proche de la maison des Jésuites, un terrain où ils voulaient créer un hospice ^. La Barre, en 1683, affirme que l'emplacement ne vaut rien pour un hospice, et qu'il ne faut pas multiplier ces fondations; il s'attache à justifier l'opposition de M*^'' Laval, qui n'est point favorable aux Récollets, ne voudrait pas les voir développer leurs établissements à Québec, et leur accorde difficilement la permission d'aller prêcher dans les bourgades et les fiefs ^ Ici encore, la cour désapprouve la conduite du gouverneur; le roi montre son intention très ferme de maintenir les Récollets, et se plaint que l'évéque les empêche d'aller en mission, ce qui serait très utile pour les habitants *.^Les dispositions du roi n'étaient pas, on le voit, des meilleures pour l'évéque; aussi M^"" Laval résolut-il, à la fin de 1684, de faire un nouveau voyage en France. Louis XIV, à ce moment, ne pouvait le blâmer de s'opposer à l'établissement des huguenots, soit sur le bas Saint-Laurent, soit en Acadie ^ ; mais il souhaitait que le clergé canadien fût plus étroitement soumis à l'autorité civile et réduit à sa condition de France.
Aussi peu de jours avant son départ, comme naguère en 1678 au moment de faire voile pour la France, M^"" Laval prit-il quelques dispositions pour apporter à Louis XIV des preuves de sa bonne volonté : de là, en novembre 1684, la constitution longtemps difTérée du chapitre de la cathédrale et l'érection de six cures nouvelles**. L'acte de création du chapitre, daté du 6 novembre, porte nomination de cinq Dignités et douze chanoines ou vicaires; Henri de Bernières, curé de Notre-Dame de Québec, sera doyen; Jean Dudouyt, chantre. Le 12 novembre, le chapitre tint sa première réunion, sous la présidence de l'évéque, pour arrêter ses statuts; le lendemain, M^"" Laval commettait à l'assemblée le soin de compléter et d'expliquer ces statuts, « avec liberté totale et entière, considérant que notre éloignement du pays nous ôtera