‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 23 sur 378 · ClOmenl, 1112, 521, 336, 6V · texte numérisé non relu

ClOmenl, 1112, 521, 336, 6V

anglaises M. de Saint-Lusson. On peut être surpris de voir que cet officier, qui présidait le 14 juin 1671 l'assemblée des indigènes au Saut-Sainte-Marie, soit signalé par Talon, le 2 novembre suivant ^ comme revenant de la rivières de Pemkuit (Kinibequi), limite fixée par le traité de Bréda entre les Français et les Anglais. Toutefois, comme Talon, dans un mémoire annexe du 11 novembre, revient encore sur les services de Saint-Lusson en Acadie *, et que nous ne connaissons pas au Canada deux personnages portant le même nom, il faut conclure que Saint-Lusson, rentré à Québec vers le mois de juillet, repartit presque aussitôt pour l'Acadie et fut de retour sur la fin de l'automne. Ce serait un voyage remarquablement rapide, pour l'époque, mais non impossible.

Saint-Lusson avait trouvé sur les frontières acadiennes « de belles habitations anglaises, bien bâties et dans de belles plaines ». Ces colons anglais, craignant sans doute le voisinage de nos alliés abénaquis, auraient offert à Talon de passer sous la domination du roi de France. Il ne fut pas donné suite à ce projet, quoique Talon, comme plus tard Frontenac, jugeât très utile d'incorporer les colonies anglaises voisines du Canada, pour ne point leur laisser le loisir de se développer contre nous. Le Mémoire d'un missionnaire déjà cité ^ exprime la même idée : il faut d'abord unir par un chemin Québec à un port de l'Acadie, le Port-Royal ou Pentagoet, puis fortifier ce port pour avoir une tête de ligne avancée du Canada sur l'Océan Atlantique. « On aurait eu grand avantage, ajoute l'auteur anonyme, à acheter aux Hollandais la Xouvelle- Hollande. Il est maintenant difficile de tirer ce pays des mains des Anglais qui l'ont usurpé sur les Hollandais en se saisissant des forts et la rivière. » La Nouvelle-Hollande, en eflfet, s'appelait déjà New-York, et de là partaient les barils d'eau-de-vie et les armes que l'on vendait aux Iroquois pour faire la guerre aux Français. Mais Talon et Courcelles n'eurent pas le temps d'achever leur œuvre de ce côté et l'occasion perdue ne se retrouva plus.

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