‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 244 sur 378 · Ar. col., G. G. Can., VI, 31o, et -M. S. M., Mém · texte numérisé non relu

Ar. col., G. G. Can., VI, 31o, et -M. S. M., Mém

l'intendant, il s'exprimait plus librement, blâmant la paix de la Famine et l'abandon des Illinois. La Barre quitta la Nouvelle- France en août 1685, sur un petit bateau de pêche de Honfleur. Denonville venait d'arriver avec des troupes, et MeuUes lui restait adjoint comme intendant '.

Quelques incidents des premiers mois de l'année 1685 suffisent à montrer combien la politique de La Barre avait été funeste : des partis iroquois, tenant sans cesse la campagne, coupaient les communications avec le haut pays; Nicolas Perrot, faute de pouvoir faire descendre les pelleteries de son poste, était contraint de les entreposer chez les Jésuites de la baie des Puants; les Illinois étaient attaqués de nouveau; les Tsonnontouans, malgré les promesses faites en leur nom à la Famine, n'avaient pas encore payé la première annuité de l'indemnité fixée, et ne paraissaient point disposés à députer des ambassadeurs à Québec, ainsi qu'on l'avait espéré d'abord -; enfin comme pour dissimuler au gouverneur l'ennemi véritable, l'Anglais dont Tlroquois n'était que l'avantgarde, le P. de Lamberville écrivait à La Barre pour le rassurer sur les intentions de Dongan, et rejeter sur des agents subalternes non approuvés de leur chef, Arnaud ou Sainte-Croix, « connu menteur de tout le pays, » l'initiative des promesses de concours faites par les Anglais à leurs voisins indigènes ^ La Nouvelle- France amoindrie dans son prestige, nos alliés des Lacs justement mécontents, les Iroquois enhardis, les Anglais d'autant plus actifs et dangereux que Lamberville pour rester maître de ses missions les couvrait davantage, telle était l'œuvre du gouvernement de La Barre.

1. Le ministre à Meulles, 20 mars 1685. — Denonville à la cour, 20 août 1683. Ar. col., M. S. M., IV, et C. G. Can , VII, 31.

2. Nicolas Perrot, notes du chap. XXII. — Cf. Charlevoix, I, 495.

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