‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 25 sur 378 · Rel. de IG70-7i, p. d3o · texte numérisé non relu

Rel. de IG70-7i, p. d3o

'J. Clément, UP, 389.

la Compagnie de Jésus y fut pour quelque chose '. Leur retour, souhaité par Colbert, obtenu par Talon, n'en eut qu'une signification plus formelle; « cet ordre, dit l'intendant % quoique cidevant non désiré par Monsieur TÉvêque et par les Jésuites, aidera beaucoup à donner aux habitants les secours spirituels qui leur sont nécessaires dans les côtes éloignées,... outre que, plus il y aura de ces religieux, plus l'autorité des premiers ecclésiastiques sera balancée. » Informé d'autre part que les Jésuites travaillaient à Rome, pour faire titulariser par le pape l'évêque de Pétrée, Talon prévint M^' Laval que sa nomination devait venir du roi, dont seul il dépendait ^ : on le voit, l'intendant ne perdait aucune occasion de développer l'autorité civile, afin de transformer le Canada de la mission qu'il était encore, en une véritable colonie. 11 n'est pas téméraire, après avoir lu sa correspondance , de croire que les expéditions dirigées vers l'ouest, c'est-à-dire au cœur des territoires de missions, étaient destinées dans sa pensée autant à resserrer le lien de dépendance de ces communautés qu'à découvrir des mines de cuivre.

11 est notable cependant que la querelle du trafic des spiritueux, si vive à l'époque précédente, soit a peu près apaisée pendant le gouvernement de Courcelles et de Talon ; même ces administrateurs réprimaient ou du moins surveillaient la traite des boissons enivrantes ; Courcelles, pendant son voyage au lac Ontario, fit arrêter plusieurs Français qui avaient enfreint, sur ce point, les arrêts du Conseil de Québec *. En conclurons-nous que tous les contrevenants fussent poursuivis? Cela paraît bien improbable, à une époque où l'on s'efforçait de multiplier les rapports entre Français et sauvages; car l'eau-de-vie. Veau de feu, comme disaient les Canadiens, était la denrée d'échange la plus généralement recherchée. Il est plus vraisemblable que, des deux côtés, on faisait preuve d'indulgence et de réserve; les Jésuites accueillaient officiellement avec joie les Récollets rappelés au pays, quoique, au fond, ce retour leur fût plutôt désagréable: Talon,

1. Leclercq, Premier établissement de la foi dans la Nouvelle-France. — Cf. Margry, I, 18 ss.

2. Talon à Colbert, 10 nov. 70. Voir aussi rném. pour Talon, mai 1669, Ar. col., C. G. Can., III, 39. —Lettre du roi au P. AUart, provincial des Récollets, 4 avril 1670. Ar. col., M. S. M., I. 397.

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