‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 252 sur 378 · Mém. et Doc, I, 29S, 329, etc. — Cf. Suite, VI, ." ss · texte numérisé non relu

Mém. et Doc, I, 29S, 329, etc. — Cf. Suite, VI, ." ss

3. Ce voyage dura jusque dans l'été de 1686. — Vilicray, premier conseiller, remplaçait l'intendant au Conseil Souverain (Jug. du C. S., 111, 54).

à Port-Royal était François Perrot; comme jadis à Montréal, Perrot faisait la traite et ne s'interdisait pas le commerce avec les Anglais K II savait pourtant s'opposer à leurs prétentions, lorsqu'elles étaient excessives : en 1686, les Bostonnais voulaient chasser les Français établis à Pentagoet, autour de Saint-Castin; ils avaient même enlevé des marchandises déposées chez cet habitant, sous prétexte de contrebande. Perrot, saisi de la question, s'empressa d'informer le gouverneur général; celui-ci, faute de ressources disponibles, dut simplement aviser le gouvernement métropolitain, et les commissaires français qui débattaient alors à Londres les conditions du traité de décembre 1687 purent constater que, pas plus en Acadie que chez les Iroquois, les conventions de l'année précédente n'étaient observées par les Anglais^.

Le roi, pressé par les administrateurs, envoya enfin quelques secours en Acadie; Perrot, suspect de ne pas se prononcer assez nettement contre les Anglais, fut relevé de son commandement; mais il resta dans le pays pour y continuer son commerce, à titre de particulier, et il fut tué dans un combat avec des corsaires ^. Son successeur, Menneval, fut nommé par acte du 5 avril 1687; c'était un brave officier, connu et apprécié de Turenne, et sans doute aussi du gouverneur Denonville, qui accueillit avec plaisir son arrivée; Menneval devait prendre garde de n'accorder aux étrangers aucune permission de pêche sur les côtes acadiennes, comme l'avaient fait ses prédécesseurs. Ses instructions lui recommandaient encore d'encourager particulièrement l'agriculture et de réprimer les désordres des coureurs de bois; il ménagerait pourtant Saint-Castin, dont Denonville avait signalé au roi l'autorité sur les Abénaquis, et qui pouvait beaucoup par là même contre les Anglais de Boston : décidé par le nouveau gouverneur, Saint-Castin, qui vivait jusqu'alors à la manière sauvage avec les deux filles d'un chef indigène, sacrifia l'une de ses femmes pour se marier à l'européenne, sans rien perdre cependant de son influence sur les Abénaquis du voisinage. En 1688, le roi délégua en Acadie un ingénieur nommé Pasquine pour fortifier les principaux établissements, et l'intendant Champigny, qui remplaçait

1. Plaintes des associés pour la jiéche de l'Acadie contre Perrot. Ar. col., C. G. Can., X, 30. Cf. lettres de Perrot, 1686, Ar. col., Ac, II, 15, 17, 23, 34.

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