‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 270 sur 378 · Margry, V, 42. — La Hontan, loc. cit · texte numérisé non relu

Margry, V, 42. — La Hontan, loc. cit

commandant; un vaillant Canadien, Saint-Pierre de Repentigny, se dévoua; par grande chance, il ne tomba pas aux mains des partis iroquois qui battaient le pays, et put remettre à Valrennes les lettres de Denonville. Le gouverneur semblait prendre à regret une résolution si grave : « Vous pourrez, disait-il à Valrennes, reculer ou avancer votre départ selon l'état de votre garnison, les vivres que vous aurez, et la santé de vos hommes. » Volontiers, Denonville aurait conservé les bâtiments construits par La Salle, mais, dans la crainte que les Anglais n'arrivassent pour occuper le fort abandonné, mieux valait tout détruire. Valrennes attendit jusqu'à la fin d'octobre; alors seulement, il prépara son départ : les provisions de réserve, les munitions furent jetées dans le lac; on coula trois grandes barques affectées au service du fort; on mina les ouvrages de pierre et l'on alluma les mèches au dernier moment; après quelque temps de marche, Valrennes et ses hommes entendirent un grand fracas; ils ne doutaient point, en arrivant à Montréal, que tout n'eût sauté; quinze jours de plus, et Valrennes recevait le contre-ordre que Frontenac, de retour dans son ancien gouvernement, s'était hâté de lui expédier; mais, à deux heures de Montréal, le messager du comte rencontra les canots qui arrivaient du lac Ontario \ Tout était bien fini; Frontenac avait à recommencer tout entière l'œuvre de dix ans d'efforts.

Deux groupes, au loin dans l'ouest, représentaient encore l'ancienne extension de la Nouvelle-France : les postes de Michillimackinac et de la baie des Puants d'un côté, ceux des Illinois de l'autre. A Michillimackinac, La Durantaye et les Jésuites se maintenaient difficilement, parmi les intrigues des Hurons, des Outaouais et des Sauteurs. On peut en croire La Potherie qui ne signale pas, si l'évidence ne s'en impose, les résultats désastreux des fautes de Denonville ^ Nicolas Perrot, à l'ouest du Michigan, poursuivait ses expéditions à la tête d'une bande de coureurs; le 8 mai 1689, en présence du P. Marest, Jésuite, de Boisguillot, de Le Sueur et de quelques autres Français, il proclamait la prise

1. Mém. 1682-1712, p. 108. — Lettres de Frontenac, 15 nov. 1689; de Champigny, 16 nov. Ar. col., C. G. Can., X, 217, 244. — La Hontan, lettre

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