CHAPITRE III
FRONTENAC AFFERMIT LE CANADA CONTRE LES ANGLAIS ET DÉVELOPPE SA POLITIQUE INDIGÈNE
Partis anglo-iroquois de 1691 ; bataille dans la prairie de la Madeleine. — Viilebon reconquiert l'Acadie. — La baie dHudson, Terre-Neuve; d'Iberville va proposer au ministre Tattaque de ces possessions anglaises. — Nelson, armateur anglais prisonnier à Québec, avertit Phips de la faiblesse réelle des Français; projets anglais pour 1693; ils n'ont pas de suite. — Au contraire, les Français sont heureux dans la campagne de 1694 : d'Iberville à la baie d'Hudson; Abénaquis d'Acadie et colons anglais. Boston négocie avec Frontenac. — Les Iroquois dans la campagne de Montréal. Expédition de Callières contre les Agniers (janvier-mars 1693). Frontenac rassure les nations du haut pays; assemblée de Montréal (été de 1693). Les Iroquois commencent à négocier, tandis que les commandants des postes, sur l'ordre de Frontenac, entretiennent Thostilité de nos alliés contre eux. — Succès général de Frontenac en 1695 : le fort du lac Ontario relevé; grande assemblée de sauvages à Montréal.
L'échec de Texpédition de Phips avait déconcerté les Anglais de Boston; mais ceux de New-York et les Iroquois, à peine engagés dans la campagne de 1690, restaient en armes, prêts à tomber sur les habitations de l'ile de Montréal. Le fort d'Orange avait été agrandi, et, d'après un prisonnier qu'interrogeait Frontenac, on y pouvait réunir et armer en trois jours mille auxiliaires Iroquois ^ Mais la politique trop hésitante des Anglais acheva l'œuvre des succès français de l'automne précédent, et le danger