Près de Trois-Rivières
36 LE COMTE DE FROiNTENAG
quefois naguère le roi décernait des récompenses aux pères des plus belles familles; ainsi, à l'époque de Talon, un sieur Denis recevait i200 livres, un autre, 800, tandis qu'on en distribuait 6000 à des officiers pour se marier *. A partir de 1672, le roi n'a plus de fonds disponibles; vainement, Frontenac sollicitera ses libéralités en faveur de divers habitants, Godefroy, par exemple, l'un des premiers établis, chargé d'enfants, « pas trop accommodé dans ses affaires et qui a une fille qu'il ne peut marier faute d'avoir de quoi lui donner ». C'est désormais sur place, sans compter sur le concours du trésor royal, qu'il faudra trouver des ressources : circonstance nouvelle, qui accroît en même temps les responsabilités et les droits du gouverneur général.
Les premières relations de Frontenac avec le Conseil semblent avoir été cordiales; dans la séance du 16 janvier 1673, qui ouvre la session de cette année, le gouverneur déclare qu'il ne demande la prestation du serment que pour satisfaire à la coutume, car il est sûr de la fidélité, de la bonne volonté de tous les membres du Conseil; une vacance s'étant produite, il y a nommé « une personne qui se conformait à leurs exemples » ; il insiste sur la nécessité de rendre aux plaideurs justice impartiale et prompte |. L'année suivante (13 janvier 1674), la cérémonie a lieu dans les mêmes conditions; Frontenac ne trouve que des éloges pour le travail consciencieux des membres du Conseil; il ajoute simplement qu'une union générale est plus nécessaire que jamais, au moment où la conquête récente de New- York, reprise aux Anglais par les Hollandais ^, peut avoir un contre-coup chez nos voisins les Iroquois. Le 7 janvier 1673, le ton n'est plus tout à fait le même ; Frontenac parle de « choses un peu surprenantes qui se sont passées, de conseillers qui auraient préféré de certains intérêts à ceux de Sa Majesté » *. Il fait allusion aux procès de l'abbé de Fénelon et de Perrot ', pour lesquels il ne trouva point, chez tous les conseillers et chez Villeray particulièrement, le concours qu'il aurait souhaité. Quelques-uns lui en voulaient, écrit-il à