‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 54 sur 378 · Relat. 1670-71, p. 79 s. — J671-72, p · texte numérisé non relu

Relat. 1670-71, p. 79 s. — J671-72, p

5. Douniol, I, 205. Frontenac, qui savait prendre le parti des Jésuites quand il était nécessaire, exigea des excuses publiques de chefs Nadouesioux (ju'il

l'œuvre anéantie, et de tels incidents montrent combien les indigènes, heureux d'accueillir les missionnaires quand ils avaient besoin de leurs présents ou simplement curiosité de leurs conférences, étaient prompts à les abandonner, dès qu'ils y étaient engagés par quelque circonstance de leur vie indépendante et toute païenne. Fréquemment, les Pères n'osaient point célébrer la messe devant leurs néophytes, craignant des irrévérences sinon des hostilités; ils se bornaient à des assemblées de prédication, ou s'efforçaient de donner une valeur catholique à des coutumes locales; ainsi, chez les Outagamis, le P. Allouez n'eut pas de peine à établir le jeûne, pratique très ordinaire à ce peuple « où quiconque ne jeûne pas de temps en temps passe pour un méchant homme * ». Mais pouvait-on considérer un tel succès comme une conquête du christianisme?

Et d'ailleurs, d'après les Relations elles-mêmes, quels étaient les chiffres ('déclarés des nouveaux convertis? L'une parle, pour l'année 1670 ^ de 700 baptêmes de sauvages, répartis entre vingt missions; chez les Iroquois pendant la même période, le progrès accompli est le gain « de 318 ou 320 âmes, dont plus de la moitié sont dans le ciel ^ ». L'année suivante, il n'y a plus aux Iroquois que 200 baptêmes, ce qui signifie, dit naïvement la Relation, que les malades ont été plus rares *. La Relation de 1671 compte aux Outaouais « plus de 300 baptêmes conférés depuis un an, et plus de vingt-cinq nations éclairées des lumières de l'Évangile » "". La comparaison de ces deux nombres, tout simplement rapprochés par le récit des missionnaires, est vraiment instructive, et l'on comprend que les ennemis des Jésuites aient facilement traité d'imaginaires « ces nombreuses églises sauvages dont on fait tant de bruit » ®. Les baptisés mêmes ne s'astreignaient guère à vivre en chrétiens; les Relations en font l'aveu attristé; un Iroquois, Joachim Annéiouton, baptisé depuis vingt-cinq ans, « n'avait vraiment de chrétien que le nom, et de temps en temps,

reçut à Montréal, pour cet incident dont on leur attribuait la responsabilité (à Colbert, 14 nov. 1674. Ar. col., C. G. Can., IV, 83).

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