‹ Le comte de FrontenacChapitre 117 sur 358 · Lettre du 28 avril 1677. Clément, IIP · texte numérisé non relu

Lettre du 28 avril 1677. Clément, IIP

Cest que Duchesneau se faisait l'écho des plaintes du clergé; Qoa seulement on ne permettait point aux protestants de s'établir comme habitants au Canada, mais encore on défendait aux négociants de la Rochelle qui appartenaient à cette religion d'hiverner dans la colonie, sauf nécessité majeure, dont l'intendant restait juge *; les prêtres refusaient l'absolution aux traitants qui vendaient de Teau-de-vie aux sauvages, condamnaient, même parmi les Français, l'ouverture des cabarets, intervenaient à tout instant dans les procès et dans les affaires de famille *; on peut consulter, à ce sujet, les lettres bien sincères de La Hontan, dont l'humeur gasconne s'exprime librement contre les pénitences que ces pratiques lui imposent, ou bien encore certains mandements de l'évéque de Québec, comme relui du 26 février 1682, « contre le luxe et vanité des femmes et des filles dans l'église ' ». Le clergé canadien ne pouvait se faire à l'idée que, sur ce sol presque vierge encore d'Amérique, une société européenne se formait, gardant sans doute, de ses origines, un très profond respect pour les choses de religion, mais qu'il n'était plus possible de gouverner par la même discipline presque claustrale sous laquelle vivaient les pionniers de la croisade contre les Iroquois; dans la grande discussion sur la traite des spiritueux et les coureurs de bois, les opinions rivales seront soutenues avec une ardeur pareille par Frontenac, soucieux de l'avenir politique de la colonie, et par U^ Laval, résolu à tout faire pour que le Canada reste la terre d'élection divine des premières années.

Dans le gouvernement intérieur de la colonie, c'était le clergé qui triomphait; très peu de cures étaient fixées, les habitants n'ayant pas compris l'intérêt d'un sacrifice d'argent immédiat; les Récollets n'avaient pu s'établir qu'à grand'peine, et sans donner à leurs fondations le développement qu'eût souhaité Frontenac; les Jésuites, protégés par l'évéque, restaient puissants et trop capables de contrecarrer la politique indigène du gouverneur. Mais, comme s'il ne suffisait pas de ce combat de tous les instants

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